Balades commentées
La Turquie, magnifique pays aux multiples facettes
L'histoire du Château et du Bois de Vincennes, indissociables, Versailles.
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Paris insolite et
secret
Place du parvis place jean Paul II, Parisème
Le point zéro des routes de France est le point kilométrique des routes quittant la capitale. Il sert de référence pour calculer les distances avec les autres villes de France.
Sur les autoroutes, en direction de Paris, des panneaux annoncent régulièrement « vous êtes à x km de Paris Notre Dame.
Ce point zéro est matérialisé par une drôle de petite plaque ronde scellée dans le sol.
Elle est sur le parvis de Notre Dame, non loin de la cathédrale. En son centre, un octogone en cuivre gravé d’une rose des vents. 
Son ancrage remonte à des temps lointains : de nombreuses échoppes occupaient le parvis et à cet emplacement, appuyée contre un mur, il y avait une statue représentant « un homme, une
boëte à la main, et un serpent près de lui. »
En arrivant à Paris, les bons chrétiens, après un long voyage, devaient rendre hommage à St Christophe dont la statue se trouvait dans la cathédrale.
Lorsqu’il demandaient leur chemin, il se trouvait toujours un parisien farceur pour leur indiquer ce « fameux Mr Legris qui saurait bien les conduire ».
Les parisiens avaient nommé ainsi cette statue, en référence à la couche de patine
qui recouvrait le Saint.

*la façade principale ouest
En 1748, Legris a laissé place à un poteau triangulaire aux armes du chapitre de Notre Dame. Il ét ait le point de départ d’un réseau de bornes militaires élevées de mille toise en mille
toise, soit environ tous les deux kilomètres.
La plaque qui lui succéda fut inaugurée le 10 octobre 1924.
Et, guidés par la légende et l’espoir de revenir au moins une fois à Paris, les touristes viennent y poser le pied (véridique, je les ai vu faire, le pied dans la palque de cuivre).
La
place du Louvre
En 1853, le préfet Haussmann a souhaité une profonde restructuration de la rive droite, et c’est ainsi que la place du Louvre a été créée : c’est une église, un
palais, une mairie.
L’aménagement de la place du Louvre devait constituer un trait d’union entre le prolongement du grand axe est-ouest de la rue de Rivoli et les quais de Seine. En face à la colonnade du Louvre le baron Haussmann imagine « un agencement de la nouvelle place dans lequel Saint-Germain l’Auxerrois [aurait] sa raison d’être ».
C’est l’architecte Hittorff qui est chargé en 1855
de la construction de la mairie de l’arrondissement.

« Conçue comme une sorte de pendant à l’église, la mairie
doit rappeler l’« aspect général » et la « silhouette » de celle-ci sans toutefois en reproduire les « formes » ni les « détails », le style de chacun des édifices devant en révéler la
fonction ».
On remarque une symétrie des volumes : le porche de
la mairie reproduit les cinq arcades du porche de l’église, et la rose flamboyante surmontée d’un pignon a été transposée dans la partie haute de la mairie. Au sommet des deux édifices les
sculptures de Saint-Michel et de la Loi se font face.

*scène d'allaitement (encore des rats), gargouille voisine de la "boule aux rats". Paris insolite et secret.
Haussmann imagine l’édification d’un beffroi, afin de parachever l’aménagement de cette place et assurer un contrepoint monumental à la colonnade du Louvre.
Sa construction est confiée en 1858 à l’architecte Ballu, qui prend modèle de la tour Saint-Jacques, qu’il a restaurée peu de temps auparavant.
Paris insolite et
secret
Toute la misère du monde
un bestiare oublié
Place du Louvre paris 1er
Une curiosité à découvrir à Saint Germain l'Auxerrois : un bestiaire de pierre,
ignoré car méconnu de bien des parisiens.
Il suffit de passer le porche, juste après le campanile : on est alors dans la petite cour entre la mairie et l'église. Derrière le campanile qui sépare religion et République, il suffit de
lever la tête vers les inquiétantes gargouilles qui ornent l'église.

Alors que le carillon sonne mélodieusement sur le coup de midi, c'est en levant les yeux qu'on peut admirer, sous les gargouilles, de bien étranges représentations
animales.
La plus étrange se trouve sous la gargouille du milieu, juste côté d'une scène d'allaitement : il s'agit d'une boule rongée par une multitude de rats.
Dans cette "boule aux rats", le sculpteur a représenté le monde (la boule) rongé
par la misère (les rats). Une façon de ramener le promeneur aux sombres réalités de la vie...
Et, si on regarde bien, à droite, on voit un chat au dessus des rats, les observant d'un air quelque peu diabolique.
Deux autres boules aux rats existent en France : à la cathédrale du Mans, et à l'église Saint Siffrein de Carpentras. Mais elles présentent une différence singulière avec celle de Saint
germain Auxerrois.
Les rats y pénètrent, alors qu'à Paris, ils en sortent...
Sans ses bouquinistes, Paris ne serait pas Paris
Une tradition vieille de plusieurs
siècles
Dès le 16e siècle, les colporteurs bouquinistes - libraires forains
parcourent les bords de la Seine, pour finalement y fixer leurs boîtes.
*les fameuses boîtes vertes, les
bouquinistes sont installés jusqu'au Pont Neuf au fond.
Avec la création du Pont Neuf et l’affluence de bouquinistes de plus en plus nombreux, naissent les premières lectures publiques, accompagnées de divertissements musicaux et spectacles de plein
air. Lors de l’exposition universelle de 1900, on dénombre déjà 200 bouquinistes sur les quais de la Seine.
Trois siècles plus tard, ils sont toujours là, et on ne saurait imaginer les quais de Paris sans les bouquinistes, tant ils font partie du paysage.
Installés sur plus de 3 km le long de la Seine, les 240 bouquinistes exploitent 900 boîtes vertes, et quelques 500 000 livres anciens d'occasion, un nombre incalculable de revues, timbres et cartes de collection.
*sur le quai François
Mitterrand, en direction du pont du Carrousel
Les bouquinistes participent du charme des bords de Seine et constituent une animation, une attraction culturelle. C’est aussi un patrimoine littéraire et historique que la Ville souhaite
préserver et mettre en valeur. Ils sont d’ailleurs inscrits au patrimoine mondial de l’Unesco depuis 1992.
Ils représentent un but de promenade agréable au bord de l’eau dans un environnement architectural riche d’histoire : Notre Dame, Le Louvre, les ponts de Paris. Ils constituent la plus grande librairie du monde à ciel ouvert, et sont ouverts chaque jour de 11h jusqu’au coucher du soleil.
Paris insolite et secret
Bras de fer
Pont du Carrousel Paris 1er, métro Palais Royal Musée du Louvre
Tout d’abord appelé pont des Saint Pères, car il était situé près de cette rue, ou pont du Louvre puisqu’il arrive face au Louvre sur la rive droite, le premier pont fut construit en 1833
par l’ingénieur Antoine Rémy Polonceau.
Techniquement, il est très innovant mais sa hauteur ne permettait pas le passage des
péniches, et sa structure de bois et de fer était trop fragile. En 1936 un nouvel ouvrage en pierre, plus classique, le remplace. Les quatre statues de l’ancien pont sont ajoutées à
l’ensemble.
Les Ponts et Chaussées font appel au talentueux ferronnier Raymond Subes pour l’éclairage.
La conception des lampadaires était compliquée : la proximité du Louvre imposait de ne pas afficher trop de modernisme, et de ne pas dépasser 13 mètres, soit la toiture du Palais.
Une autre exigence s’ajoutait à ces contraintes : la portée des lanternes devait être de 20 mètres, pour ne pas éblouir les automobilistes, et pour que l’ensemble du pont et des quais soit couvert par les quatre foyers lumineux.
Subes imagine alors une étrange mécanique, des lampadaires
télescopiques.
Interrompu par la guerre de 1939 Subes reprend les travaux en 1940. Toutefois, tous les stocks de cuivre devant être signalés à l’administration
d’occupation, il continue son travail en cachette. A ses risques et périls il dissimule les lampadaires terminés (20 tonnes de cuivre et 40 d’acier) dans les souterrains du pont. Ils ont subi
plusieurs inondations. Après la Libération, put enfin les mettre en place.

Toutefois la fragilité des mécanismes rend un usage intensif impropre, et pour le moment, tout au moins, ils sont mis hors service.
Mais qui sait, ils seront peut être réparés, car les quatre lampadaires d’acier sont toujours sur le pont, à l’abri dans leur étui de bronze, prêts à offrir aux badauds du soir un son et lumière « des plus grinçants »…