Vendredi 14 octobre 2011
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La Pietà Michel-Ange
Basilique Saint Pierre de Rome
Elle est tout à fait à sa place dans ce lieu saint, puisque, comme nous le verrons demain, c'est Michel Ange qui a achevé de construire la basilique.
« Comment main d'artisan a-t-elle pu si divinement accomplir, en si peu de temps, une œuvre aussi admirable ? Cela relève du miracle : qu'un rocher informe ait atteint une perfection telle que la
nature ne la modèle que si rarement dans la chair. » Giorgio Vasari (écrivain italien).
La Pietà est une des plus célèbres œuvres d'art de tous les temps, c’est grâce à elle que Michel-Ange est devenu célèbre.
Cette sculpture en marbre, réalisée par Michel-Ange entre 1498 et 1499 , a été commandée par le cardinal français Jean Bilhères de Lagraulas, cardinal et ambassadeur de France auprès du
pape.
Elle représente le thème biblique de la « Vierge Marie douloureuse » (Mater dolorosa en latin ou Pietà), assise sur un rocher et tenant sur ses genoux le corps du Christ mort descendu de la
Croix avant sa Mise au tombeau, sa Résurrection et son Ascension.
Elle devait orner le monument funéraire du cardinal, dans la chapelle Santa Petronilla des rois de France, de l’ancienne basilique Saint-Pierre. Le contrat pour la Pietà fut signé le 27 août 1498
pour une somme de quatre cent cinquante ducats. Elle était achevée au printemps 1499.
Deux détails attirent notre attention :
Ce qui est frappant est l'âge de la Vierge, particulièrement jeune. Contrairement à d'autres Pietà, Michel-Ange donne plus d'importance à la beauté de la Vierge qu'à sa douleur. « Ce mélange
entre la beauté païenne et la religion est une caractéristique que l'on retrouve très fréquemment dans l'œuvre, voire dans la vie, de l'artiste ». Le Christ quant à lui est représenté selon son
âge, de ce fait il parait plus vieux que sa mère. Michel-Ange s'en est expliqué à Ascanio Condivi : « Ne sais-tu pas que les femmes chastes se conservent beaucoup plus fraîches que celles qui ne
le sont pas ? Combien plus par conséquent une vierge, dans laquelle jamais n'a pris place le moindre désir immodeste qui ait troublé son corps ... ».
Le corps du Christ apparaît un peu petit que celui de la Vierge, donnant ici encore de l'importance à Marie. « Le corps de Jésus forme un S qui s'équilibre avec le reste de la sculpture,
notamment avec les riches drapés du vêtement de la Vierge. Le bras droit du Christ tombe naturellement. La Vierge semble y répondre par le geste paume ouverte de son bras gauche ». La main droite
de Marie, crispée, mobilise toutes ses forces pour retenir le corps de son fils. La main gauche, la paume ouverte, « l’index tendu, le majeur ainsi que l’annulaire légèrement repliés, atteste de
la nature douce et charitable de la Vierge Marie, de son pardon (main tendue), mais aussi de son malheur (index et annulaire repliés)».
Jésus ne bouge pas car il est déjà mort sur sa croix qu'il avait lui-même portée jusqu'au mont Golgotha à l'endroit qui a servi de scène à sa crucifixion.
*Outils utilisés : ciseau et marteau à sculpture
Dimensions : 1,74m de hauteur ; 1,95m de longueur, 0,69m de largeur.
La forme de la sculpture est triangulaire : le triangle est le symbole de la Sainte Trinité. Le visage du Christ n'exprime aucune souffrance, celui de la Vierge aucune tristesse : elle est
recueillie et accepte la volonté divine.
Anecdotes.
*La Pietà est la seule œuvre que l’artiste a signée. Sa signature MICHAL.AGELUS BONAROTUS FLORENT.FACIEBAT figure sur le bandeau de la Vierge.
*Michel Ange a sculpté La Pietà a été sculptée dans un seul bloc de marbre, ce qui souligne bien l'immense talent de Michel-Ange car les erreurs étaient alors impossibles à corriger...
*Le 21 mai 1972, jour de la Pentecôte, un déséquilibré du nom de Lazlo Toth, a frappé la sculpture de quinze coups de marteau, brisant notamment le nez de la Vierge. L'œuvre d'art,
restaurée, est à présent protégée derrière une vitre blindée.
*Les travaux de restauration de cet acte de vandalisme ont fait apparaître sur la main gauche de la Vierge le monogramme de Michel-Ange resté caché pendant près de 500 ans : un M. dessiné sur la
paume avec les lignes de la main.
*Au Cimetière de Passy, près du Trocadero à paris, une copie de l'œuvre est conservée dans une boîte en plexiglas transparent.
Exif de la photo :
focale f/5.6 temps d'exposition 1/30
Iso 800 longueur focale 67 mm pas de flash