Vendredi 9 septembre 2011
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La muraille de Philippe Auguste
Rue des Jardins Saint Paul Paris 4ème
Métro : Saint Paul, Pont Marie
D'un côté de la rue des Jardins Saint Paul, les immeubles du "Village Saint Paul", le quartier des antiquaires. De l'autre, un terrain vague transformé en espace sportif. Il est défendu sur toute
sa longueur par un gros mur, flanqué de deux tours. C'est le plus grand vestige de l'enceinte de Philippe Auguste, construite entre 1190 et 1220.
Soucieux de ne pas laisser Paris sans protection au moment de son départ pour la croisade, Philippe Auguste fait commencer en 1190 la construction d'une enceinte sur la rive droite, suivie à
partir de 1200 par sa réplique sur la rive gauche. Dessinant la forme d'un coeur, cette muraille englobe 253 hectares dont beaucoup d'espaces inhabités, champs, prés ou vignobles.Tous les 70
mètres une tour renforce ce rempart, haut de 9 mètres, et épais de 3 à la base. Des portes et poternes permettent l'accès à la ville.
Rendues inutiles sur la rive droite par la construction, moins de deux siècles plus tard, de l'enceinte de Charles V, les fortifications de Philippe Auguste ont disparu. Là se trouve le fragment
le plus long et le mieux conservé de cette enceinte.
Ce mur était une "vraie" muraille avec un chemin de ronde, des créneaux, des portes fortifiées, des tours rondes régulièrement espacées. Il entourait la ville de l'époque. Le Paris de 1230
ressemblait un peu au Carcassonne d'aujourd'hui : 2800m sur la rive droite, 2600m sur la rive gauche.Pour le défendre à l'Ouest Philippe Auguste fit ériger sur ses deniers (le mur, lui, était
financé par la ville) le Louvre féodal qui devait donner naissance au bâtiment que nous connaissons aujourd'hui."
La muraille se compose de deux murs épais, solides. Entre les pierres des parements fut coulé un mélange de sable et de moellons qui rendit la construction particulièrement résistante. On
retrouve des morceaux dans tout Paris, et cette bonne conservation de nombreux éléments s'explique : la rapide poussée urbiane "digéra" plus qu'elle ne détrusit ces fortifications, s'en servant
souvent comme despoints d'appuis solides. Ainsi, plusieurs pans de la muraille sont préservés, mais dissimulés au fond d'une cour ou d'un atelier. Elle est présente pour qui sait la voir, nous la
côtoyons souvent sans le savoir.
Le fragment de la rue des Jardins Saint Paul, avec ses 70 mètres de ong, est le plus impressionnant. Au Moyen Age, il était plus haut, crénelé. Il fait surgir au milieu de Paris les fantômes des
guerres moyenâgeuses, les bruits de bataille, la rudesse de temps révolus. La ville prend une dimension historique. "Nous réalisons que les rues parcourues de manière quasi-somnanbulesque sont en
fait la résultante d'une histoire ancienne, dense et riche qui nous invite à méditer sur nos racines, notre présent, et notre avenir aussi bien."
Les lieux furent pressentis à une époque pour la réalisation d'un espace vert et d'un parking en sous sol. A la suite d'un conflit entre les riverains et les élus, le terrain a finalement été
réaménagé pour recevoir des équipements sportifs et des espaces de jeux pour les enfants.
La signature des tailleurs de pierre
Rue des Jardins St Paul, en face du lycée Charlemagne, une cour est en partie bordée par les murs de l'enceinte de Philippe Auguste. Sur les pierres, les marques des tailleurs de pierres
subsistent encore, il s'agit de croix. Ces "signatures" leur permettaient d'être payés selon le nombre de pierres qu'ils avaient taillées, et qu'ils pouvaient ainsi dénombrer facilement grâce à
ce signe distinctif, propre à chaque artisan. Toutes sortes de signatures étaient utilisées (cercles, étoiles, traits, croissants, coeurs...).
sources : sur site éditions Parigramme et ww.parislenezenlair.fr/ http://www.philippe-auguste.com/