Jeudi 21 juillet 2011
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Le Montmartrobus grimpe la butte depuis vingt huit ans.
La ligne Montmartrobus a été créée en 1983, au départ pour une durée-test de 6 mois. La ligne, la plus petite de Paris, à peine 3 km, relie la place Pigalle (IX e ) à la place Jules-Joffrin ( où
se trouve la mairie du XVIII e ), via le Moulin de la Galette, les rues Tourlaque, des Saules et la place du Tertre. Vingt-neuf stations au total à travers les artères sinueuses et étroites qui
font le charme de Montmartre.
Il fait désormais partie du paysage, c’est le seul transport en commun autorisé à circuler dans les petites rues de Montmartre. C’est aussi le seul qui peut gravir la butte : aucun autre bus de
la RATP ne pourrait se faufiler dans les ruelles sans risquer de racler son plancher sur les pavés. Ce bus est électrique, c'est-à-dire silencieux et non polluant.
*Le bus remonte la rue Lepic, en arrière plan le Moulin de la Galette.
Aujourd’hui, un million de voyageurs par an emprunte la ligne. Ses fidèles sont surtout des riverains, et tout particulièrement des personnes âgées ou handicapées, ou bien les mères de famille
qui évitent grâce à lui de gravir les pentes raides menant au Sacré-Cœur. Leurs déplacements quotidiens sur les pentes de la Butte Montmartre sont ainsi facilités. Revers de la médaille : les bus
à gabarit réduit n’offrent qu’une vingtaine de places assises. La plupart du temps le voyage se fait souvent debout... Même si la plupart des voyageurs ne les utilisent que pour 2 à 3
arrêts, de quoi aller faire les courses ou prendre le métro.
Sur la Butte, les habitants n'oublient pas l'avant-Montmartrobus : « Imaginez, nous étions obligés de remonter nos courses à pied », se souvient une dame aux cheveux blancs, qui emprunte la ligne
tous les jours pour faire ses achats rue du Poteau, dans le quartier de la mairie du XVIII e.
*Descente rue des Saules, vers les vignes de Montmartre, et le Lapin Agile. Une vue plongeante sur Paname.
Les rues en pentes rendent parfois la circulation du bus périlleuse, comme durant l’hiver 2003 : les bus étaient devenus incontrôlables sur les pentes aux pavés glissants. « Un jour, j'ai mis
presque vingt mètres avant de pouvoir arrêter un véhicule électrique », témoigne un agent, qui conduit ce jour-là un vieux modèle « thermique » affichant plus de 244 000 km au compteur (la ligne
fait 3 km).
Seuls les conducteurs habitués peuvent manier l'engin : « Avec ses 3 tonnes de batteries sur le toit, le véhicule, qui est plus court que les autres - il mesure 8 m seulement -, a une force
d'inertie énorme et pas toujours facile à maîtriser », explique-t-il.
De plus il n’est pas toujours facile de slalomer entre les voitures mal garées dans les rues tortueuses de Montmartre.
Il fait la joie des touristes qui s'y précipitent pour découvrir les ruelles de Montmartre.
Hélas il cumule les problèmes : le bus n'est pas souvent à l'heure et trop fréquemment en panne. « C'est pénible! se plaint une habitante de la rue des Martyrs. Je ne sais même plus combien de
fois j'ai dû faire le chemin à pied, découragée par l'attente… ou par la foule des voyageurs! »
Un délégué syndical de SUD confirme dans un éclat de rire : « C'est la pire ligne de Paris! »
Aussi, la RATP a décidé de rénover l'intégralité de son parc.
Le Parisien 14.03.2003 et 03.05.2010 et site de la ratp.
Si vous croisez le Montmartrobus, mieux vaut gagner le trottoir, sinon, il passe "au ras des pâquerettes"!!! J'en ai fait l'expérience...