Jeudi 3 novembre 2011
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Bernar Venet à Versailles.
86.5° Arc x 16 – Place d’Armes
Les Grandes Eaux musicales se sont terminées dimanche, et le 1er novembre, c'est une exposition très controversée qui s'est achevée.
Ces oeuvres monumentales sont à la mesure, ou à la démesure, du château et de ses jardins.
Les sculptures sont installées sur la Place d’Armes et dans les jardins du domaine de Versailles et de Marly. Elles perturbent un ordre ancien et proposent des lectures aux spectateurs. Si « les
oeuvres n’existent pas en fonction d’un espace donné, elles le produisent en même temps qu’elles produisent leurs formes, dans une recherche d’autonomie totale ».

*Hauts de 22 mètres, les deux arcs «encerclent le statue équestre de Louis XIV comme la couronne de lauriers des empereurs romains», se réjouit Bernar
Venet, géant bronzé par ce chantier cyclopéen, que le printemps estival a rendu brûlant.
"Quels que soient les emplacements choisis, elles conduisent à des ruptures d’échelle avec l’environnement : ainsi, les seize Arcs de la Place d’Armes s’installent-ils entre « l’échelle augmentée
» de la statue de Louis XIV et l’échelle monumentale du Château qu’ils encadrent. La statue équestre est dominée par les multiples arcs de vingt-deux mètres qui surgissent du sol, sans piédestal.
Dans l’autre sens, ils s’ouvrent sur la ville".
*Les sculptures s'ouvrent sur la ville.
Sous le commissariat de Bernard Marcadé, l’exposition comprend un ensemble de 7 oeuvres exposées dans les jardins du Château de Versailles et dans le Domaine de Marly.
"Cette première sculpture n’est pas réservée au Château mais est offerte à la ville qui la perçoit depuis la perspective de l’avenue de Paris. Créée spécifiquement pour le lieu, elle offre une
double vision. D’abord cernant la statue équestre de Louis XIV, elle la surplombe nettement, puis passée celle-ci se découvre une nouvelle perspective, la sculpture encadre le château qu’elle
domine. Sorte de parenthèse intermédiaire, sas de décompression, elle se situe entre deux échelles : l’échelle humaine amplifiée de la statue de Louis XIV et l’échelle monumentale de
l’architecture de Mansart. Entre les deux, les arcs s’élèvent à 22 mètres de hauteur".
*Passée la statue de Louis XIV, une nouvelle perspective s'ouvre : la sculpture entoure le château, qu'elle domine.
... Jean-Jacques Aillagon
« En 2011, c’est donc Bernar Venet qui est l’invité du château de Versailles. Il y succède à Takashi Murakami qui a, on le sait, suscité, en 2010, auprès d’un large public, un intêrét
considérable.
En choisissant Bernar Venet, le château de Versailles souhaite mettre en valeur l’œuvre d’un artiste français dont le travail, intense et rigoureux, ne cesse de poser la question de la relation
de l’art avec le paysage et l’architecture et donc également avec le temps et l’histoire. Par ailleurs et pour la première fois, l’Etablissement a fait le choix de présenter l’une des œuvres de
l’exposition annuelle d’art contemporain dans le domaine de Marly dont il a désormais la responsabilité.
Tout cela me réjouit d’autant plus que j’ai pour Bernar Venet une ancienne et très amicale considération. C’est un artiste qui ne cesse de défricher sa propre oeuvre et qui, trait de caractère
tout à fait remarquable, sait porter sur les oeuvres des autres artistes un regard attentif et pertinent. »
Jean-Jacques Aillagon
Ancien ministre
Président de l’Etablissement public du château, du musée et du domaine national de Versailles
sources : www.chateaudeversailles.fr/