Paris autrement

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Blog principalement consacré à Paris, ville touristique qui a la réputation d'être la plus belle ville du monde. Vous découvrirez également un Paris pittoresque, insolite et secret : ce sont des endroits souvent méconnus des Parisiens. Sans oublier la région Ile de France.

 "Ajoutez deux lettres à Paris : c'est le Paradis." Jules Renard

Le mur murant Paris, rend Paris murmurant    Anonyme

Paris se visite le nez en l'air  :   http://www.parislenezenlair.fr/ 

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Bien faire et laisser braire

Archives pour novembre, 2012

Square Georges Cain Vestiges du palais des Tuileries

Vestiges des Tuileries 
square Georges Cain
Rue Payenne Quartier du Marais

Métro Saint Paul

 

Paris insolite et secret

Square Georges Cain

  *au centre le fronton de l’ancien palais des Tuileries

 

Le cimetière du musée

Square Georges Cain
Ce square porte le nom du conservateur du Musée Carnavelet de 1897 à 1914.Le square est d’ailleurs bordé par le musée Carnavalet. Le musée utilise l’endroit comme « mouroir pour les vieilles
pierres encombrantes ».
Square Georges Cain

On y trouve ainsi des vestiges de l’ancien palais des Tuileries : appliqué sur le mur de droite, se trouve un fronton à horloge du palais incendié en 1971.

Square Georges Cain

En dessous de l’horloge, un groupe sculpté sous Louis XIV provient du château de Saint Germain en Laye.

Square Georges Cain

On admire également une rosace, arrachée à un plafond de l’ancien Hôtel de Ville de Paris.

Square Georges Cain
Le fronton de la façade est, côté cour, il est déposé depuis 1926 dans le square Georges Cain, géré par le musée Carnavalet. Ce fronton, orné des « armes du Roi (celles-ci ont disparu) avec des
trophées » est dû au ciseau de Thibault Poissant.

 

Sources : Paris secret et insolite éditions Parigramme

 

Enceinte de Paris Carrousel du Louvre

Enceinte de Paris

Carrousel du Louvre

Nous sommes toujours au Carrousel du Louvre, plus précisément au coeur de la galerie marchande. De part et d’autre, des murs anciens, vestiges du passé, et mis à
jour très récemment.

 

Mur d’escarpe de l’enceinte de Paris
Début du XVIe siècle
Les fouilles archéologiques, exécutées en 1991-1992, ont permis de dégager tout un ensemble défensif d’époques successives, constituant ce qu’on a coutume d’appeler
« l’enceinte de Charles V », détruite et remblayée sous Louis XIII entre 1624 et 1634.

Enceinte de Paris
Cette fortification du XIVe siècle, établie nettement plus à l’ouest de l’enceinte de Philippe Auguste, dont le château du Louvre formait la défense sur la Seine,
englobait un faubourg qui s’était développé aux XIII et XIV e siècles. Elle se prolongeait tout autour de la ville, partant de la Seine, passant par la porte Saint Honoré, rejoignant à l’est la
Bastille, nouvellement construite; et atteignant la Seine en amont, selon l’actuel tracé du canal Saint-Martin.

Enceinte de Paris
Aux travaux de terrassement commencés par Etienne Marcel, prévôt des marchands lors de la révolte de Paris, avait succédé, sous Charles V (1634-1380), un
remarquable ensemble de fossés et remparts de terre, établis sur un large espace afin d’assurer un glacis pour le tir tendu de l’artillerie naissante.Les progrès de l’art militaire entraînèrent
la reconstruction, au début du XVIe siècle, de la muraille proprement dite.

Enceinte de Paris

*A gauche le mur de contrescarpe, à droite le mur d’escarpe.

 

Le mur d’escarpe, vers la ville, domine d’une faible hauteur le grand fossé, large de 19 mètres.Une plate-forme d’artillerie y fut établie, dont on reconnaît la
forme circulaire et la terrasse supérieure. Les murs de bel appareil sont assis sur des poutres de bois (longrines).Le fossé était en eau, et on peut voir sur les pierres les traces laissées par
l’eau au niveau de la surface.

Enceinte de Paris

Mur d’escarpe de l’enceinte de Paris
Début du XVIe siècle

Enceinte de Paris
Ce mur d’escarpe,adossé à la ville, domine d’une faible hauteur le grand fossé, large de 29 mètres. Une plate-forme d’artillerie y fut établie, dont on reconnaît la
forme circulaire et la terrasse supérieure.
Le mur, appareillé, est assis sur des poutres de bois.
Le fossé était en eau, et on peut voir sur les pierres les traces laissées par l’eau au niveau de la surface.

Mur de contrescarpe
Soutènement du jardin neuf d’Henri IV

Enceinte de Paris
Cette fortification du xIVe siècle, établie nettement plus à l’ouest de l’enceinte de Philippe Auguste, dont le château du Louvre formait la défense sur la Seine,
englobait un faubourg qui s’était développé aux XIII et XIV e siècles. Elle se prolongeait tout autour de la ville, partant de la Seine, passant par la porte Saint Honoré, rejoignant à l’est la
Bastille, nouvellement construite; et atteignant la Seine en amont, selon l’actuel tracé du canal Saint-Martin.

Enceinte de Paris
Au début du XVIe siècle, l’enceinte fut remaniée. Puis le mur de contrescarpe, vers le faubourg, devint mur de terrassement du jardin neuf établi par Henri IV à
l’est du palais des Tuileries en 1600.  

Enceinte de Paris    

Ici, ce sont les parkings, il me semble qu’il s’agit du mur de soutènement du palais des Tuileries, sans certitude.

 

Sources : sur site

 

Vestiges du palais des Tuileries Carrousel du Louvre

Vestiges du palais des Tuileries

Carrousel du Louvre

99 rue de Rivoli Paris 1er

 

Nous sommes ici au Carrousel du Louvre. Il s’agit d’un espace situé sous le jardin des Tuileries. C’est un espace historique et culturel (amphithéâtre de l’École du
Louvre, centre de congrès, centre d’expositions), et une vaste galerie marchande de 10 200 m2.

Mais sortons un peu des sentiers battus, et perdons nous dans les sous-sols, à la découverte des vestiges de fameux palais des Tuileries.

 

Décor des frontons du Pavillon central du château des Tuileries
Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries

*de gauche à droite : le conseil, la valeur, la prudence, la religion, la sincérité

 

Le château des Tuileries, édifié sous Catherine de Médicis, par ses architectes Philibert Delorme et Jean Bullant, fut profondément modifié sous Louis XIV. En 1664,
Colbert, surintendant des Bâtiments du Roi, demande à l’architecte Louis Le Vau (1612-1670), l’unification des façades du château.Au centre, le grand pavillon fut restructuré à la manière du
pavillon de l’Horloge du Louvre dû à Jacques Le Mercier. Sur chacune des faces, il dressa un fronton, orné de statues couchées, entouré, sur l’attique, d’un cortège de statues debout.Ces
sculptures ont été exécutées en pierre de Saint-Leu entre 1666 et 1668.

Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries

*de gauche à droite : la valeur, la prudence et son double visage de femme et de vieillard

 

Au décor sculpté était dévolu le rôle d’expliciter la fonction royale du Palais. Un mémoire de Charles Perrault*, commis des Bâtiments et littérateur célèbre,permet
d’en connaître le sens. Sur chaque fronton, deux figures couchées soutenaient la couronne royale :
–  à l’est, côté cour : la Valeur et le Prudence
– à l’ouest, côté jardins : la Piété et le Justice

Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries
*de gauche à droite : le conseil, la valeur, la prudence, la religion, la sincérité

 

Ces quatre vertus « qui soutiennent et affermissent la couronne de France en tout temps », les premières « particulièrement durant la guerre »,les autres
« particulièrement durant la paix », avaient à leur côté des « compagnes. » Des vertus secondaires, exécutées par divers artistes, sont debout et complétaient le sens de la vertu principale du
fronton.
Le château des Tuileries brûla en mai 1871. Lors de la démolition des ruines en 1183, les statues ont été déposées et dispersées.Le musée du Louvre s’est efforcé,
depuis 1977 par achat ou par versement,de rassembler ces six sculptures.

La restauration de ces oeuvres, effectuée grâce au mécénat HSBC, assez endommagées, mais qui sont des témoignages capitaux d’un point de vue historique et
artistique, permet de les présenter devant les vestiges du mur d’enceinte de Paris. Ce mur servit de soutènement au jardin neuf aménagé par Henri IV devant le château des Tuileries.Ces statues
rappellent que le palais disparu s’élevait dans l’axe de la galerie, à quelques dizaines de mètres plus loin.

 

Le Conseil

Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries
par Thibault Poissant (1605-1668)
Le Conseil porte un livre de la main droite

La Valeur sous les traits de Pallas
Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries

Thibault Poissant
Statue couchée Acquis en 1985
Pallas porte le casque ainsi que l’égide sur la poitrine, ou du moins ce qui en subsiste, et tient un bouclier.

La prudenceCarrousel du Louvre vestiges des Tuileries
par Thibault Poissant (1605_1668) acquis en 1985
La Prudence, avec son douvle visage de femme et de vieillard, tient un miroir autour duquel s’enroule un serpent.

La Religion à gauche
Par Philippe de Buyster (1595-1688)
La Religion a perdu ses attributs, sauf son voile qui lui couvre la tête
réservée par l’Etat lors de la démolition Déposée dans le parc du château de Maisons Laffitte de 1912 à 1990

Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries
La Sincérité à droite
attribuée à Louis Lerambert (1620-1670
A son côté, on distingue le corps d’un oiseau qui serait une colombe, selon Charles Perrault*
réservée par l’Etat lors de la démolition Déposée dans le parc du château de Maisons Laffitte de 1912 à 1990

La Justice 

Carrousel du Louvre vestiges des Tuileries

Michel De La Perdrix, (connu depuis 1641-Paris 1681)
Tête, en pierre de Troussy
Seule reste la tête de la grande figure couchée  sur le fronton.On remarquera que les deux autres statues couchées sont composées de deux parties, la tête
étant insérée dans le corps. Le sculpteur Philippe de Buyster, responsable du décor, confia à Michel De La Perdrix la réalisation de cette statue par contrat notarié du 6 juin 1666.
Ancienne collection Fossard, acquis en 1977

 

 

Restauration effectuée grâce au mécénat HSBC

Sources sur site

 

Si on reconstruisait les Tuileries ?

Suite à vos différents commentaires je voudrais apporter quelques précisons au sujet de cette douce utopie.

Comme toute chose cela se ferait sur la base du mécénat, je suppose

Le jardin des Tuileries ne serait pas amputé car deavant les pavillons de Flore et de Marsan, il y a un vaste espace.

Pour en faire quoi? la réponse ci-dessous

L’article, paru dans le Figaro, date du 20 novembre 2010, c’est récent donc. L’idée revient régulièrement sur le tapis.

Louvre Tuileries  

*Un grand espace entre les deux pavillons

Et si on reconstruisait les Tuileries

 

Un nouveau palais pour y mettre quoi?
« Remettre les Tuileries à leur place, aux extrémités du Louvre, redonnerait au contraire son axe à la grande perspective depuis l’arc de triomphe de l’Etoile, qui
n’a été placé là par Napoléon Ier que pour faire face au pavillon central des Tuileries.

Louvre Tuileries

*L’arc de triomphe du Carousel, entre les pavillons de Flore, à gauche, et de Marsan. Le palais venait derrière l’arc de
Triomphe.

 

«L’arc du Carrousel, renchérit Stéphane Millet, retrouverait sa fonction de porte d’honneur du palais et ses proportions exactes au milieu du cadre architectural
pour lequel il a été créé.» Reste que l’Etat est propriétaire du terrain, et que lui seul peut donner le feu vert au projet. C’est là que le bât blesse !

 
Cette ouverture sur le vide a quelque chose d’une amputation, qui n’a pas échappé aux précédents gouvernements. Déjà, en 1882, Jules Ferry, alors ministre de
l’Instruction publique et des Beaux-Arts, soutenait la reconstruction du palais. Il alla même jusqu’à confier à Charles Garnier la mission de plancher sur le sujet. Plus récemment, le général de
Gaulle, au lendemain de son élection, avait chargé l’architecte Henry Bernard de réfléchir à une reconstruction, pour servir éventuellement de résidence au chef de l’Etat. 

Louvre Tuileries
S’il ne reste aucune trace visible de ce bâtiment, en revanche ses soubassements sont conservés (entre la voie souterraine et le parking du Carrousel) et ses caves,
obstruées lors de la démolition, n’ont jamais été fouillées. D’autre part, ses pierres ont été dispersées un peu partout en France. Stéphane Millet appuie cet argument: «Les plans des Tuileries
sont conservés aux Archives, ainsi que les projets de Lefuel pour leur remaniement au XIXe siècle ».

 

Le mobilier est précieusement gardé au département des objets d’art du Louvre, ainsi que les tableaux qui étaient aux murs. Les carrières qui ont fourni les pierres
du bâtiment sont toujours en activité en Ile-de-France. La reprise d’un tel projet serait un ballon d’oxygène pour l’emploi dans une foule de secteurs des métiers d’art.»

 

Michel Carmona, directeur de l’Institut d’urbanisme et d’aménagement de la Sorbonne, approuve : «La reconstruction d’un monument de cette ampleur pourrait faire
l’objet d’un chantier-école pour les métiers d’art, que l’on pourrait même envisager en collaboration avec la chambre des métiers.»


Le Louvre, qui manque manque de place pour exposer de nouvelles collections entreposées dans ses réserves, ou pour les mettre à l’abri du danger d’une crue de la
Seine, pourrait disposer de vingt mille mètres carrés. Le palais pourrait aussi être un centre de congrès ou de lieu nouveau pour des événements internationaux… Les projets ne manquent
pas.

« Reste que l’Etat a d’autres chats à fouetter actuellement.  Comme le souligne Renaud Donnedieu de Vabres, «avec 40.000 édifices publics (soit 50% des
monuments historiques européens), l’Etat est déjà responsable d’un patrimoine architectural considérable».

Louvre Tuileries

*Pour ma part, j’imagine très bien le palais reconstruit, le jardin des Yuileries ne serait pas impacté.

 

Et au moment où les pouvoirs publics essayent de se débarrasser de cette énorme charge financière, leur ajouter 20.000 mètres carrés de salles et de salons, de
couloirs et d’escaliers, ce n’est pas très raisonnable. «On a besoin de restaurer et d’entretenir notre magnifique patrimoine, non de faux monuments, plaide Alexandre Gady. Une reconstruction « à
l’identique » (d’ailleurs impossible) impliquerait de détruire partiellement les pavillons de Flore et de Marsan. Cela n’a pas de sens! Pourquoi pas aussi reconstruire Lutèce sur l’île de la Cité?
» »

 

Avec la crise économique, ce projet risque encore plus de ne pas voir le jour.


Un témoin absent de l’histoire nationale
« Cette position est bien caractéristique des archéologues et historiens, mais aussi d’un grand nombre d’opposants, comme Claude Mignot, professeur à la Sorbonne ou
Philippe Belaval, directeur des patrimoines au ministère de la Culture : «Au moment où chacun a le sentiment qu’il y a des besoins énormes, tant en restauration qu’en conservation du patrimoine,
se tourner vers un tel projet me semble un peu léger.» Même si c’est une belle idée !

Or, toute belle idée en France soulève les passions, à plus forte raison lorsqu’elle est liée à l’histoire du pays.

Louvre Tuileries

*la perpective serait modifiée radicalement.

 

Pour le commun des mortels, le nom de Tuileries évoque aujourd’hui un simple jardin ! Combien de gens savent qu’au-delà des plus grands architectes, comme Philibert
Delorme, Bullant, Androuet du Cerceau, Le Vau, Percier, Fontaine qui, depuis la Renaissance, ont contribué à faire de ce palais un lieu de prestige, c’est ici que se sont tournées certaines des
pages les plus déterminantes de notre histoire.


C’est aux Tuileries que Beaumarchais créa son Barbier de Séville en 1775 ; que Mozart joua pour la première fois sa symphonie n° 31, dite Parisienne, en 1778 ; que
fut renversée la monarchie. Ici que furent mis en application les principes fondateurs de la République: les droits de l’homme, la souveraineté du peuple, la notion contemporaine de l’Etat. Que
d’événements en moins d’un siècle, entre 1789 et 1870 ! Le séjour surveillé de la famille de Louis XVI, la fuite à Varennes, la conspiration des poignards, le sac du palais par le peuple, les
séances de la Convention, les splendeurs du premier puis du second Empire… jusqu’à l’anéantissement par la Commune, le 24 mai 1871, et l’arasement total des Tuileries, en 1884. Comme si l’on
avait voulu effacer la mémoire de ce monument au cœur de Paris. »

Sources : www.lefigaro.fr

 

Louvre Tuileries 

*Le palais des Tuileries tel qu’il serait  

Si on reconstruisait les Tuileries ?

Le saviez-vous?
Les Tuileries, c’était un palais.

 

Catherine de Médicis avait ordonné la construction d’un palais, qui débuta en 1564.Il occupait la place de l’une des trois fabriques de tuiles établies en 1372
devant le Louvre (d’où le nom jardin des Tuileries). Sa façade était immense : 266 mètres de long.

Louvre Tuileries
Le palais, comme la plupart des bâtiments officiels de la capitale, a été incendié pendant la Commune, il brûla pendant trois jours.Le 24 mai 1871 il ne restait
plus des Tuileries que des pans de murs noircis. Le palais ne fut rasé que treize ans plus tard. Un très petit nombre de personnes se prononçait alors pour sa disparition.  Il ne reste du
palais que les pavillons de Flore et de Marsan, reconstruits entre 1873 et 1875. Ils marquent l’extrémité occidentale du palais du Louvre.


Et si on reconstruisait les Tuileries ?
Un pari fou, une douce utopie, ou bien tout simplement un projet réalisable? Et est-ce souhaitable? Ce projet de reconstruction des Tuileries est-il une vague
rêverie d’historiens réactionnaires ou un projet moderne et séduisant? La polémique soulève les passions.

 

Depuis plus d’un siècle, un espace vide sépare les pavillons de Flore et de Marsan, qui se  font face. « Le fait qu’il n’y ait rien à cet endroit rend à la fois
inutile et sans cause l’arc de triomphe du Carrousel qui, de majestueux à l’origine, a tourné au dérisoire. Et en plus, cela a fait perdre tout son sens au jardin. »

Louvre Tuileries

*Il faut imaginer que l’ancien palais des Tuileries reliait le pavillon de Marsan, à gauche, au pavillon de Flore, à droite. Les deux pavillons faisaient
partie du palais des Tuileries.
 


La déclaration de Stéphane Millet, président du Comité pour la reconstruction des Tuileries, vient jeter un pavé dans la mare.
De plus, la sortie d’un ouvrage savant et neutre sur les Tuileries* montrant, au moyen de restitutions en 3D, à quoi pourrait ressembler le bâtiment s’il était
toujours en place aux extrémités du Louvre, ainsi que la reprise en main du comité militant pour la reconstruction du palais relancent le débat.

Jusqu’à présent l’Etat s’est contenté de hausser les épaules, toutefois il semblerait que les arguments des opposants à la reconstruction soient en train de se
retourner contre eux.

 
Pour les opposants au projet, on ne pourra jamais refaire que de l’à-peu-près ! Car à l’époque tout était réuni pour en faire un chef-d’oeuvre : les plus grands
architectes, la beauté de la pierre, l’élégance des sculptures, la somptuosité des décors.

Louvre Tuileries
*Le pavillon de Marsan

 

Rétablir la perspective sur les Champs-Elysées
« Selon l’ancien ministre de la Culture Renaud Donnedieu de Vabres: «C’est Maurice Druon qui est à l’origine de ce dossier. En 2005, il est venu me trouver Rue de
Valois pour m’exposer ses grandes lignes. Ma réponse, à l’époque, était claire: je m’engageais à le soutenir, à condition que cela ne repose pas sur le budget des Monuments historiques. Il m’a
proposé alors un plan de financement, par des partenaires privés, que j’ai trouvé tout à fait viable.» »

 

Le coût du projet est alors de 350 millions d’euros. La somme paraît importante, mais selon le représentant du Comité, elle ne représente que «le quart du montant
des travaux du Grand Louvre (1,2 milliard d’euros), et on n’aurait besoin que de dix-huit mois pour réunir le budget grâce à une souscription internationale et au mécénat d’entreprise».

 
Mais ces nouveaux aménagements nuiraient  à la « respiration » de la ville. En effet, il ne serait pas anodin de voir s’élever un lieu nouveau à un endroit clé
pour le trafic urbain.

«Oui et non! réplique Stéphane Millet. On n’est pas encore dans le périmètre du jardin, puisque la grille d’entrée est à une cinquantaine de mètres à l’ouest; ce
n’est plus une voie de communication depuis que la liaison berges-Rivoli est souterraine; ce n’est même pas une voie piétonne, vu l’état du sol en cet endroit, où l’on s’est contenté de planter
quelques massifs de buis entre deux ou trois statues.»
  

Louvre Tuileries
*Le pavillon de Flore

 

Il estime que la reconstruction des Tuileries redonnerait au contraire à l’ensemble monumental du Louvre une cohérence sur le plan urbanistique.
Alexandre Gady, professeur des universités et historien de l’architecture, et détracteur du projet, réplique aussitôt que l’«on va ainsi fermer une perspective
vantée dans les dépliants touristiques du monde entier».
  


« Un argument qui a fait long feu aujourd’hui, si l’on en croit les arguments de la défense: «La fameuse perspective sur les Champs-Elysées s’avère une complète
illusion, souligne Stéphane Millet, notamment depuis l’érection de la pyramide de Pei à un bout et l’arche de la Défense à l’autre. On a accentué la brisure qui existait, dès le départ, à
l’endroit des Tuileries.» Le baron Haussmann avait d’ailleurs prévu cet inconvénient, lorsqu’il déclarait aux partisans de la destruction: «Les ruines des Tuileries font encore obstacle à la vue
d’irrégularités que vous allez mettre à découvert.» »

 

*Le Palais des Tuileries, de Guillaume Fonkenell, Editions Honoré Clair
sources : http://www.lefigaro.fr/culture/2010/11/20/03004-20101120ARTFIG00003-et-si-on-reconstruisait-les-tuileries.php

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