Paris autrement

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Blog principalement consacré à Paris, ville touristique qui a la réputation d'être la plus belle ville du monde. Vous découvrirez également un Paris pittoresque, insolite et secret : ce sont des endroits souvent méconnus des Parisiens. Sans oublier la région Ile de France.

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Le mur murant Paris, rend Paris murmurant    Anonyme

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Bien faire et laisser braire

Archives pour janvier, 2014

Le quai de la Fosse Nantes

Le quai de la Fosse Nantes

La « Fosse » est le nom donné à un chenal naturel de faible profondeur creusé par la Loire.

Je vous en ai parlé dans mes articles précédents, le XVIIIe siècle fut florissant à Nantes grâce au commerce triangulaire.

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*L’église Notre-Dame-de-Bon-Port, la tour de Bretagne. Le quai de la Fosse.La tour de Bretagne est  un immeuble de bureaux, une habitante m’a dit qu’on pouvait monter au dernier étage, il doit y avoir un restaurant, et la vue sur Nantes est imprenable, la prochaine fois que je vais à Nantes, j’irai voir cette tour de plus près.

 

Le quartier de la Fosse connaît son apogée durant ce siècle, c’est là que bat le cœur de la ville. Au pied des hôtels de négociants,  sans discontinuer, les navires négriers chargent la pacotille à destination des rivages africains, et déchargent les précieuses denrées venues du nouveau monde au terme d’un « trafic triangulaire ». Sucre, rhums, épices se vendront à prix d’or.

Ogée écrit, en 1780 : « La Fosse est sans contredit l’endroit le plus agréable, le plus riche et le plus actif de Nantes; il formerait, lui seul, une ville considérable…Ce qui ajoute à l’agrément de ce quartier, c’est l’admirable vue de la Loire couverte de navires et de bateaux ».

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*L’Hôtel Durbé, à gauche

 

Ce quartier actif, largement planté d’arbres, est aussi la promenade préférée des Nantais. Les quais sont abondamment plantés d’arbres par la communauté de ville. En 1736, on utilise même « ce qui restait des arbres destinés à l’ornementation du quai d’Estrées pour planter la place appelée la Hollande, et l’esplanade du Port au Vin devant la Bourse… »
Les petits négoces se développent. Un procès-verbal est dressé en 1785, à l’encontre d’une charcutière « qui tenait en étalage sous les arbres de La Fosse, plusieurs cassées de lard… » qu’elle vendait un dimanche à l’heure de la messe!!

Symbole de la réussite de ces riches marchands, tout au long du quai de la Fosse s’alignent de beaux hôtels à mascarons et ferronneries, hélas certains sont détruits par les bombardements de la dernière guerre. Toutefois il subsiste encore de somptueux témoignages de cette splendeur passée, dont l’Hôtel Durbé.

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*L’Hôtel Durbé à droite; on voit bien les immeubles qui penchent.

 

Sa façade est inscrite au titre des monuments historiques par arrêté du 7 janvier 1926.

On connaît peu de choses de ce splendide hôtel de style Louis XV, ni du constructeur, Charles Durbé. Celui-ci, Capitaine, Maître de Pilote de Navires, demeura au « bas de la Fosse en la Prée l’Évêque.

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Remontons le temps et imaginons l’Hôtel Durbé au temps de sa gloire.
« Nonchalamment appuyés aux balcons gracieusement galbés que soutiennent les sculptures des clés d’arc, gentes dames et graves messieurs (armateurs, riches négociants) discutent en contemplant l’agitation intense qui règne au Bas de la Fosse.Autour de la carcasse d’un navire en construction s’affairent des charpentiers, des pêcheurs poussent leurs barques vers le fleuve et, remontant le quai vers le centre de la ville, un carrosse aux chevaux piaffants se fraie un passage ».

 

S.O.S. pour un navire de pierre en détresse

Durbé

Hélas, la décadence a fait suite à la splendeur… et cet opulent vaisseau de pierre brodé de ferronneries prestigieuses donne de plus en plus dangereusement de la bande à tribord…son état est pitoyable, noir, sinistre, il s’enfonce de plus en plus dans sa décrépitude…
La splendeur retrouvée de l’Hôtel Durbé

Grâce à l’association Nantes Renaissance, ce vaisseau de pierre, au terme de deux ans de travaux, a retrouvé sa splendeur. Longtemps pris à tort pour l’ancien hôtel de la Compagnie des Indes, c’est bien l’armateur Durbé qui le fit construire en 1756.
Dans son évocation du Vieux Nantes, Henri de Berranger nous en décrit sa façade, dont la décoration suggère la forme d’une pyramide.

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« Au rez-de-chaussée; « un portail bordé de refends et surmonté d’une large agrafe ». Le 1er étage, « percé au centre de cinq baies en plein cintre, porte sur toute sa largeur un balcon soutenu par huit consoles lourdement ornées. Plus court, le balcon du second étage  est construit en encorbellement. « Il n’y a plus à l’étage supérieur que trois balustrades. Un fronton triangulaire orné de fleurs et de fruits domine le corps central. Au sommet, « se dressent six fenêtres mansardées flanquées par des ailerons chargés de cannelures ».
Berranger nous conseille d’admirer la ferronnerie des balcons, « ventrus comme ceux de l’Ile Feydeau ».

 

www.archives.nantes.fr/

Magazine Nantes passion numéro 122 du 31 janvier 2002

Hôtel Durbé Nantes

Hôtel Durbé
86 Quai de la Fosse
Quartier centre ville-quai de la Fosse
Tramway ligne 1 arrêt Chantiers Navals

 

Non, vous ne rêvez pas, ça penche !!

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*Le tramway passe au milieu

 

A Nantes, les immeubles ont une particularité, ils ont la fâcheuse tendance de pencher…
Ici, quai de la Fosse, ils ne dérogent pas à leur attitude penchée ! Ce n’est pas une illusion d’optique…

 

Le vaisseau penché du capitaine

C’est un spendide vaisseau de pierre, sis au numéro 86 du quai de la Fosse. Il doit son étonnant air penché au fait d’avoir été construit en 1756 sur un sol meuble.

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*L’Hôtel Durbé est l’ immeuble avec les jolis balcons 
Ce bel édifice est souvent surnommé à tort « l’hôtel de la Compagnie des Indes ». En fait il a été construit sur un domaine qui abritait les entrepôts de la fameuse Compagnie, et où coulait la Chézine, pas encore canalisée, qui se jetait dans la Loire.

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La Compagnie des Indes orientales naît en 1664 sous l’impulsion de Colbert. Sa création s’inscrit dans le contexte commercial et colonialiste de l’époque. Les grandes nations se livrent sur terre et sur mer une concurrence effrénée.

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*Sur cette photo, on se rend bien compte, en regardant les balcons, combien l’Hôtel Durfbé penche ! Un immeuble qui penche dans un sens, celui d’en face dans l’autre!

 

Par lettre, le ministre des Finances de Louis XIV invite les négociants nantais à investir dans la compagnie. Malgré leur manque d’enthousiasme à prendre des actions, le port de Nantes devient rapidement le principal centre de ventes de marchandises. Pourtant les échanges avec la Compagnie,
rebaptisée « des Indes » en  1719. Mais les échanges avec elle demeurent peu cordiaux.

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En 1733 Lorient est préférée à Nantes pour devenir le siège des ventes de la compagnie.

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Construite à la fin du XVIe siècle, la citadelle de Port Louis bénéficie d’un emplacement stratégique exceptionnel et le site est jugé à même d’assurer la défense de la rade.L’exiguïté de Port Louis entraîne l’installation du chantier naval dans une zone de friche en amont, qui deviendra la ville de Lorient.L’origine de son nom viendrait du premeir bateau qui y auraiut été construit par la compagnie, le « Soleil d’Orient ».

Ce changement de cap sera une perte pour les Nantais qui tempêtèrent…en vain…

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Sources Nantes secret et insolite Editions Les Beaux Jours, et l’Office de Tourisme de Nantes

 

Une précision : l’Hôtel Durbé a été restauré récemment, je ne me rappelle plus en quelle année. Comme pour les immeubles de l’Ile Feydeau, j’imagine qu’il est en pierre de tuffeau.

Monument des 50 otages Nantes

Monument des 50 otages
cours des 50 otages
Quartier Centre Ville

Tramway ligne 2 arrêt 50 otages

J’ai entendu cette histoire pendant une croisière commentée sur l’Erdre, affluent de la Loire, et qui passe à Nantes.
Le tramway qui mène à l’embarcadère longe un peu l’Erdre et passe devant le monument des 50 otages.

 

Ils étaient 48…

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L’Erdre, jusqu’au début du XXe siècle, se jette dans la Loire à l’emplacement de l’Ile Feydeau.Son parcours dans Nantes a été comblé à partir de 1929, pour des raisons d’insalubrité et de frein au développement de la ville.C’est devenu le cours des 50 otages actuel.

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*Derrière, l’Erdre. A partir de cet endroit la rivière est comblée, jusqu’à l’Ile Feydeau où elle se jetait dans la Loire.
Le comblement de l’Erdre a été confié au début des années 30 à l’entreprise allemande Brandt, dans le cadre des dédommagements de la Première Guerre mondiale. Les Nantais connaissent bien l’allemand Karl Hotz, qui a travaillé à leurs côtés en tant qu’ingénieur civil lors du comblement de l’Erdre. Lorsque Karl Hotz quitte Nantes en juin 1933, il ignore qu’il y reviendra quelques années plus tard, pendant
la Seconde Guerre mondiale, revêtu de l’uniforme de l’occupant.
Comme il connaît bien la ville, c’est lui qui dirige la FeldKommandantur. Il règne sur Nantes comme un vainqueur.

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En ce jour du 20 octobre 1941, à 7h30 précises, l’officier, comme à son habitude, emprunte la rue du Roi Albert pour se rendre à la Kommandantur située à quelques pas de là. Sa ponctualité le perd : il tombe sous les balles de Gilbert Brustlein, jeune résistant communiste.

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La répression allemande ne tarde pas : 100 otages doivent payer de leur vie cet attentat. La sanction sera diminuée de moitié. Des hommes de tous âges et de tous horizons sont arrêtés et condamnés à être arrêtés. Le 22 octobre 1941 les malheureux sont exécutés dans trois lieux différents : 16 à Nantes, 27 à Chateaubriant, 5 au Mont Valérien. 48 victimes sont ainsi sacrifiées à la fureur hitlérienne.
Ces affreuses représailles atterrent la population, et renforcent la Résistance.

Dix ans plus tard, le monument dit des « 50 otages » est élevé, en souvenir du martyre nantais. Le monument est dû au sculpteur Nantais, Jean Mazuet. Il représente deux femmes encadrant une flèche qui s’élève vers le ciel, le tout sur un socle ovale de granit bleu.

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48 noms seulement sont inscrits…

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Les statues de femmes représentent la Résistance, à droite, dégainant une épée dissimulée dans les plis de sa cape …

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…et la « France Renaissante », à gauche, qui arbore, pour sa part, un épi de blé.

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Le monument sera inauguré 11 ans, jour pour jour, après la tragédie, le 22 octobre 1952 en présence du ministre Eugène Petit.

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Sources Nantes secret et insolite, complément : http://www.petit-patrimoine.com/

Maison Trochon Nantes

Maison Trochon ou l’ « Hôtel des Zéphirs »
17 quai de la Fosse
Quartier centre ville-quai de la Fosse
Tramway ligne 1 arrêt Médiathèque

 

Difficle de rater cette magnifique demeure à la descente du tramway…et toujours ces mascarons omniprésents à Nantes.

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Un armateur à l’hôtel des Zéphirs
Le coeur de Nantes bat quai de la Fosse au XVIIIe siècle. Les navires en provenance d’horizons lointains viennent s’y amarrer. Au cours de ce siècle Nantes est le second port marchand du royaume.

Mais il est aussi le premier port négrier. Il le sera jusqu’en 1848, date de l’abolition de l’esclavage. Les bateaux quittent Nantes chargés de produits manufacturés qui seront troqués contre des esclaves embarqués sur les côtes africaines.Les Noirs sont vendus à leur tour aux Antilles ou en Amérique d’où l’on rapporte de précieuses denrées inexistantes en métropole : sucre, café, cacao… Ces échanges forment ce quon appelle le « commerce triangulaire ».
Cependant, la traite était une aventure coûteuse et risquée, et on a privilégié le commerce « en droiture », principalement avec les Antilles, commerce moins rentable. 

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Les entrepôts sont remplis de marchandises venant de l’étranger. Négociants et armateurs tiennent le haut du pavé à Nantes. Leurs belles demeures sont le symbole de leur réussite. Le quai de La Fosse, promenade favorite des Nantais,est alors généreusement planté d’arbres, et offre un panorama imprenable sur la Loire couverte de bateaux.

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Les travaux de comblement de l’Erdre et de la Loire, entrepris dans les années 1920-1940 ont profondément changé le visage de la ville, et effacé de nombreuses traces de son passé maritime. Seuls les immeubles édifiés pour une élite puissante témoignent encore du faste du XVIIIe siècle, comme la demeure du Sieur Tronchon, armateur Nantais.
La taille des ornements est excessive, les corps sculptés sont disproportionnés. Toutefois l’exubérance des balcons et la fantaisie des décors confèrent à ‘ensemble un certain cachet. IMG_6872 bis

C’est aux Amours à ailes de papillons placés sous le balcon du premier étage que l’immeuble doit son nom d’ « hôtel des Zéphirs ».

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Les deux amours aux ailes de papillon qui soutiennent les balcons du premier étage.

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Au rez de chaussée on trouve des symboles de la navigation, nous invitant au voyage: globe,
compas, rapporteur…

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*globe, compas, rapporteur…
Des mascarons à l’effigie de dieux, montres, ou allégories diverses, ornent la façade.

La façade de l’immeuble Trochon est indéniablement la plus richement ornée de l’ensemble urbain nantais du XVIIIe siècle.

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La détailler donne une bonne idée de  la diversité de l’art décoratif au temps des Lumières.

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Sources : Nantes secret et insolite Editions Les Beaux Jours

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Sources : Nantes secret et insolite Editions Les Beaux Jours, et l’Office de Tourisme de Nantes

Mascarons place du Pilori Nantes

Nantes Jean qui rit et Jean qui pleure

12 place du Pilori
Quartier du Bouffay
Nantes
Tram ligne 1 arrêt Bouffay

Retour dans cette belle ville de Nantes que j’aime beaucoup, qui recèle de nombreux endroits insolites

Les mascarons de Nantes

De nombreux mascarons ornent les belles façades des immeubles de Nantes, impossible de ne pas les voir, car il y en a partout.
La plupart de ces masques, têtes grotesques, sont sculptés sur les clés de voûte des portes ou des fenêtres. Ils datent de la seconde moitié du XVIIIe siècle ou du XIXe.
Ils racontent l’histoire de la grande aventure maritime et commerciale de la ville, caractérisée par des échanges intenses avec plusieurs pays lointains.
Neptune, dieu de la mer et du négoce nantais lié à son port, est souvent représenté. On retrouve aussi d’autres divinités mythologiques comme Eole, dieu du vent, Bacchus dieu du vin, ou Céres,  déesse de l’agriculture, mais aussi des pirates, des faunes, des visages exotiques et parfois même, tout simplement, les habitants du lieu.

 

« Jean qui rit » et « Jean qui pleure »

Mascarons place du Pilori

*L’immeuble du 12 place du Pilori est richement décoré de nombreux mascarons à chaque étage. « Jean qui rit » et « Jean qui pleure » sont au 1er étage; sous le balcon du second, vous reconnaîtrez Eole le dieu du vent avec ses joues bien joufflues

 

Pourtant, les mascarons de « Jean qui rit » et « Jean qui pleure », place du pilori, dérogent à la règle.

Mascarons place du Pilori

Ces deux allégories de la gaieté et de la tristesse, qui renvoient aux figures traditionnelles de la comédie italienne, sont placés dans un cartouche de style rocaille ou rococo. C’est un style ornemental typiquement français, qui va connaître son apogée sous le règne de Louis XV et apparaître sur les façades antaises à partir de 1745.
Il se caractérise par un jeu de courbes et contre-courbes, et sa fantaisie.

Mascarons place du Pilori 
Ces représentations de « Jean qui rit » et « Jean qui pleure » sont les plus belles et les plus inattendues.

Sources : Nantes secret et insolite Editions Les Beaux Jours

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