Paris autrement

Paris autrement

Blog principalement consacré à Paris, ville touristique qui a la réputation d'être la plus belle ville du monde. Vous découvrirez également un Paris pittoresque, insolite et secret : ce sont des endroits souvent méconnus des Parisiens. Sans oublier la région Ile de France.

 "Ajoutez deux lettres à Paris : c'est le Paradis." Jules Renard

Le mur murant Paris, rend Paris murmurant    Anonyme

Paris se visite le nez en l'air  :   http://www.parislenezenlair.fr/ 

J'ai décidé d'être heureux parce que c'est bon pour la santé. Voltaire

                       

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Bien faire et laisser braire

Archives pour février, 2014

Henri Rol-Tanguy La Libération de Paris

Henri Rol-Tanguy

Denfert-Rochereau

Paris 14ème

Métro Denfert-Rochereau

 

En sortant du métro Denfert-Rochereau, un panneau de la RATP nous rappelle qui est Henri Rol-Tanguy, ce héros, et ce qu’il a fait pour Paris. Un peu plus loin, sur un des deux pavillons de la Barrière d’Enfer, deux plaques commémoratives sont apposées.

Rol-Tanguy

On trouve également une plaque émaillée relayant un discours du Général de Gaulle, comme il y en a dans d’autres endroits à Paris. Le général de Gaulle appelle tous les Français à lutter avec lui, pour sauver la France.

 

Henri Rol-Tanguy est un héros, il a contribué à la Libération de Paris

Les allemands le cherchaient à la surface, il était dans le sous-sol parisien !!

colonel Rol Tanguy

Ouvrier métallurgiste, passionné de vélo, Henri Tanguy n’a que 17 ans lorsqu’il devient militant communiste et syndicaliste. En 1937, il rejoint les rangs des Brigades internationales en Espagne. Le 18 juin 1938, il est blessé sur le front de l’Ebre. A peine revenu en France il se marie avec Cécile Le Bihan, puis il est mobilisé en septembre 1939.
Dès 1940 il entre dans la clandestinité et prend la tête des comités populaires, puis met sur pied l’Organisation spéciale communiste chargée de l’action directe et du sabotage. En 42-43, il participe à la direction des FTP (Francs-Tireurs Partisans) de la région parisienne, puis intègre l’état-major des FFI (Forces Françaises de l’Intérieur) dont il devient le chef régional au printemps 1944.

 

Il installe son poste de commandement, en 1944, dans les catacombes de Denfert-Rochereau (le second pavillon de la Barrière d’Enfer).

barrière d enfer

*La barrière d’Enfer, Rol-Tanguy avait installé son QG dans ses sous-sols. 

 

Sous le lion de Belfort, il parvient à unifier les différents mouvements de Résistance parisiens en utilisant les lignes téléphoniques du métro.

Il conduit, du 20 au 24 août, 100 000 hommes à la bataille. Le 25 août, le général Leclerc et Rol-Tanguy font signer au général Von Choltitz l’acte de reddition des forces allemandes. Pour le général Leclerc, « la France de De Gaulle, celle qui a refusé le cessez-le-feu, retrouve le France de l’intérieur, celle qui a refusé de courber le front. »

Ces retrouvailles ont pour Rol-Tanguy un goût amer : « Tant d’amis, tant de camarades tombés, torturés, déportés, fusillés; tant d’épouses de camarades elles aussi déportées, fusillées, je ne pouvais oublier tout ça. La joie de la victoire était fortement entachée. Cette présence des disparus ne m’a jamais quitté. »

Son dernier pseudonyme de Résistance est d’ailleurs un hommage à son camarade Théo Rol, capitaine du bataillon « Commune de Paris » tombé à Sierra Caballes en 1938 lors de la guerre d’Espagne.

plaque rol tanguy

Disparu à son tour en 2002, Henri Rol-Tanguy donne depuis le 23 août 2004 son nom à une rue du XIVe arrondissement, non loin du lion de Belfort…

avenue Rol Tanguy

A côté de la plaque commémorative, figure la proclamation du Général de Gaulle.

Henri Rol Tanguy

A TOUS LES FRANCAIS

La France a perdu une bataille !
Mais la France n’a pas perdu la guerre !

Des gouvernants de rencontre ont pu capituler, cédant à la panique, oubliant l’honneur, livrant le pays à la servitude. Cependant, rien n’est perdu !

Rien n’est perdu, parce que cette guerre est une guerre mondiale. Dans l’univers libre, des forces immenses n’ont pas encore donné. Un jour, ces forces écraseront l’ennemi. Il faut que la France, ce jour-là, soit présente à la victoire. Alors, elle retrouvera sa liberté et sa grandeur. Tel est mon but, mon seul but !

Voilà pourquoi je convie tous les Français, où qu’ils se trouvent,à s’unir à moi dans l’action, dans le sacrifice et dans l’espérance. 

Notre Patrie est en péril de mort. Luttons tous pour la sauver !

VIVE LA FRANCE !
Général de Gaulle

 

sources : la ratp et in situ

Un radiotélescope à l’écoute de l’Univers

Jardins de l’Observatoire de Paris

Bd Arago

Paris 14ème

 

Restons dans le domaine de l’astronomie

 

Un radiotélescope à l’écoute de l’Univers

Observatoire de Paris

Cette antenne est un petit télescope destiné à capter les signaux radio provenant de la Voie Lactée.

observatoire de paris ..

Cette antenne est un récepteur passif : elle n’émet aucune onde et se contente de collecter les photons de notre Galaxie. Le photon est la particule associée aux ondes électromagnétiques, des ondes radio aux rayons gamma en passant par la lumière visible.

observatoire
La longueur d’onde observée correspond à l’émission de l’hydrogène atomique, à 21 cm, soit une fréquence de 1420 MHz. Ceci permet d’étudier le contenu en hydrogène de notre Galaxie, l’atome le plus abondnat de l’Univers !

L’antenne a été mise en place dans le cadre du projet européen EU-HOU* dont le but est s’installer un réseau de radiotélescopes à vocation pédagogique dans toute l’Europe.

observatoire de paris .

Ouvert à tous, ce projet permettra, depuis une simple page web et partout dans lemonde, d’utiliser l’un des radiotélescopes du réseau  EU-HOU pour observer la Voie Lactée.

Le projet EU-HOU vise à promouvoir l’enseignement des sciences parmi les jeunes générations, en suscitant leur intérêt par le biais de l’astronomie et de l’usage des nouvelles technologies.

Observatoire Paris
EU-HOU naît en 2004, grâce au financement du programme européen Minerva. L’UPMC (Université Pierre et Marie Curie) coordonnait ce projet  impliquant 8 pays européens pour deux ans. Le but était de permettre à des élèves de faire des observations avec des télescopes automatiques via internet ou via les radios télescopes. Une collaboration étroite entre chercheurs et enseignants a permis la mise en place d’ateliers dans les classes de secondaire, grâce à des logiciels spécifiquement conçus pour des élèves.

 

sources : sur site et http://www.upmc.fr/

*EUropean Hands On Universe

En fait il y a deux radiotélescopes, comme j’ai pris les photos à travers les grilles, impossible d’avoir les deux en même temps, ni même le deuxième.

Hommage à Arago

Hommage à Arago … ou les origines des médaillons de Dibbets

La statue de Françis Arago érigée en 1893 a été détruite en 1942 par le gouvernement de Vichy.  Il n’était pas question de refaire la statue d’Arago.
La ville de Paris et l’Etat ont souhaité renouveler l’hommage public en commandant à Jean Dibbets en 1994 un monument imaginaire conçu par l’artiste et composé de médaillons marqués du nom de l’astronome. Ils ont été fixés au sol sur le parcours du méridien de Paris qui traverse la capitale du nord au sud et coupe cette place à la hauteur du socle de l’ancienne statue.

 
Insolite

Arago
Les 135 médaillons de bronze signalant le méridien de Paris sont incrustés par terre, sauf celui qui est incrusté sur le socle vide de la place de l’Île-de-Sein, et qui est posé à la verticale.

Le tracé du méridien commence au pied de la statue,  traverse le boulevard Arago, puis poursuit son chemin dans le jardin de l’Observatoire de Paris, où son tracé est matérialisé par des dalles posées au sol.

Arago

Il traverse ensuite l’Observatoire, qu’il coupe en deux, pour suivre sa  route à travers les arrondissements de Paris jusque dans les 18e arrondissement. 

On doit à Arago, astronome, physicien et franc-maçon, d’avoir mesuré pour la première fois la vitesse de la lumière venant des étoiles.

 

sources : sur site

Statues de Raspail et Arago

Square Jacques Antoine, Place de l’Ile de Sein
Métro Saint Jacques ou Denfert-Rochereau
Paris 14ème

 

Nos grands hommes transformés en chair à canon !!

Square Jacques Antoine, et non loin de là Boulevard Arago, deux socles de pierre sont dénudés de leurs statues, mais pas de sens pour l’histoire !

monument à Raspail

 

Mais où sont donc passés Raspail et Arago?

Ce 11 octobre 1941, la Seconde Guerre mondiale fait rage, et les ravages en France et en Europe ne se comptent plus.
La France est envahie…et a terriblement besoin de munitions pour les canons…

monument à Arago

 

Le gouvernement de Vichy promulgue une loi ordonnant la récupération des métaux non ferreux :
« Nous, maréchal de France, chef de l’Etat français, décrétons : il sera procédé à l’enlèvement des statues et monuments en alliage cuivreux sis dans les lieux publics et les les locaux administratifs, afin de remettre les métaux constituants dans le circuit  de la production industrielle ou agricole. »

Officiellement, il s’agit juste de sulfater les vignes et d’approvisionner l’industrie.Officieusement la réalité est bien différente.
En fait le bronze des statues partira en direction de l’Allemagne pour participer à l’effort de guerre.

monument à Raspail

 

Clairement, les statues de bronze seront fondues, le métal récupéré servira à confectionner des armes; une partie de ce trésor servira de matière première au sculpteur du Reich  Arno Brecker.

L’autre raison qui pousse les autorités à agir ainsi est politique. En effet, sous couvert de la guerre, l’occasion est trop  belle de se débarrasser, à moindre frais, de toutes les gloires plus ou moins contestées auxquelles les gouvernements précédents avaient tenu à rendre hommage en leur érigeant une statue. Pétain réglait ses comptes avec l’histoire !

Une  une commission lista des œuvres à caractère artistique et historique incontestables, qui devaient être sauvegardées.
Toutes les autres sont détruites!

monument à Arago

 

La plupart de ces statues ne seront pas remplacées. Par chance, il existe des preuves de leur existence : le socle sur lequel elles reposaient…

C’est le cas d’Arago, et de Raspail.

arago

Une question se pose. Faut-il restituer à leur piédestal, sous la forme de copie des originaux, les deux statues ? 
Evidemment non, car, laissés ainsi en l’état, ils constituent un précieux témoignage de l’Histoire.

raspail
 
Le monument a été réalisé en 1889 par le sculpteur Léopold Morice. Le socle en pierre possède toujours deux bas-reliefs en bronze, également créés par Léopold Morice : Raspail proclame la République à l’Hôtel de Ville

Raspail le politique IMG_2439_DxOVP BIS

et Raspail visitant un malade dans une mansarde.

Raspail le scientifique IMG_2435_DxOVP BIS

sources secrets de Paris

La prison de la Santé

La prison de La Santé

42 rue de la Santé Paris 14ème

Métro Glacière

 

C’est la dernière prison intra-muros de Paris… 

La maison d’arrêt de La Santé doit son nom à la proximité de l’ancien hôpital de la Santé, devenu hôpital Saint-Anne.

La maison d’arrêt de La Santé, vétuste, a failli fermer en 1960 et laisser sa place au ministère de l’Education nationale. Le projet fut abandonné en 1968 et elle a fait l’objet d’une rénovation en 1975.

Depuis le 16 janvier 2014, la maison d’arrêt de La Santé n’accueille plus de prisonniers. Elle fermera partiellement pour travaux en juillet. Le centre de semi-liberté sera pendant ce temps maintenu en fonctionnement.

L’établissement devrait rouvrir courant 2019 après des travaux de réhabilitation, qui s’inscrivent dans le cadre de mesures annoncées en janvier 2013 par la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Prison de la Santé

 *Boulevard Arago, où se trouve la Vespasienne

 

La pierre meulière,roche sédimentaire siliceuse, utilisée pour l’ensemble de la construction, l’imposante hauteur des murs extérieurs, donnent un aspect austère, sinistre, sombre et angoissant. 

Cette sévérité est accentuée par la porte monumentale, seule ouverture permettant l’accès à l’établissement.Prison de la Santé

 *La porte d’entrée de la Santé, 42 rue de la Santé

 

Ce sont deux corps de bâtiments allongés, de trois étages chacun, disposés en croix et à l’intersection desquels est situé le guichet de surveillance. D’une capacité d’accueil de 920 places, la maison d’arrêt de La Santé doit son nom à la proximité de l’ancien hôpital de la Santé, devenu hôpital Saint-Anne.

 

Prison de la Santé

Les parisiens l’appellent communément la Santé. Cette prison a ouvert en 1867, elle est une située dans l’est du quartier du Mont-Parnasse.Prison de la Santé

 

 Les bâtiments

La Prison de la Santé a été construite entre 1861 et1867, son architecte Vaudremer a adopté un plan panoptique*, inspiré de celui que Gilbert avait utilisé pour la prison de Mazas qui se trouvait dans le 12e, en face de la gare de Lyon, et détruite en 1898. Elle est située sur le site d’un ancien « marché aux Charbons » et remplace le couvent des Madelonnettes qui fut transformé en prison à la Révolution. Auparavant, sur les mêmes lieux, s’élevait une « maison de la santé », construite sur ordre d’Anne d’Autriche, transférée en 1651 à ce qui est aujourd’hui le centre hospitalier Sainte-Anne.

Les cellulles, au nombre de 500 au départ, sont passées à 1 000 en 1900 lors de la fermeture de la prison parisienne de la Grande Roquette. Elles mesurent 4 mètres de long, 2,5 de large et 3 de hauteur. On compta jusque 2 000 détenus, répartis en 14 divisions.

Elle est de forme trapézoïdale : cinq bâtiments sont reliés à un noyau central.

Prison de la Santé

 Une particularité de la Santé : jusqu’à l’an 2000, les détenus étaient répartis par origine géographique et ethnique à l’intérieur de la prison. Une partie des détenus (ceux qui poursuivent des études en particulier) sont regroupés dans les sections, mais la plupart d’entre eux sont disséminés dans des blocs, qui sont au nombre de quatre :

bloc A : Europe occidentale ; bloc B : Afrique noire ; bloc C : Maghreb ;bloc D : reste du monde.

 

La Santé a un quartier « VIP »

Une des spécifités de la Santé est l’emprisonnement des « personnalités » condamnées. Elles sont affectées dans le quartier appelé par l’administration le « quartier des particuliers » . Ainsi elle a accueilli en ses murs de nombreuses personnalités qui y ont purgé leur peine.

Prison de la Santé

 

Quelques prisonniers notoires

Hocine Aït Ahmed homme politique algérien (et un des neuf « chefs historiques » du FLN)

lieutenant-colonel Jean-Marie Bastien-Thiry (attentat du Petit-Clamart contre le président de Gaulle, en 1962).

Ahmed Ben Bella homme politique algérien (un des neuf « chefs historiques » du FLN et ancien président de la République algérienne)

Yvan Colonna (pour l’assassinat de Claude Érignac)

 Léon Daudet, Guillaume Apollinaire 

Maurice Challe (tentative de coup d’Etat contre la gouvernement français de Charles de Gaulle, putsch des généraux)

Antonio Ferrara (braquage de fourgon blindé, évasion), Jérôme Kerviel, Cheb Mami, Samy Naceri, Jacques Mesrine (braquage, meurtre, évasion, séquestration d’un juge, enlèvement d’un millionnaire canadien)Prison de la Santé

 Didier Morville plus connu sous le nom de Joey Starr, rappeur de Suprême NTM

Michel Neyret (détention provisoire du 3 octobre 2011 au 23 mai 2012 dans le cadre de l’affaire de corruption dans la police française en 2011)

Xavier Niel, un mois en détention provisoire avec mandat de dépôt pour « recel d’abus de biens sociaux » en 2004 (au « carré VIP », dans l’ancienne cellule d’Alfred Sirven)

Maurice Papon, Gabriel Péri, Christophe Rocancourt en décembre 2011

Ilich Ramírez Sánchez, dit Carlos (terrorisme)

Alfred Sirven:  Albert Spaggiari, Bernard Tapie

Bruno Sulak (dit l’« Arsène Lupin des années 80 » : 1955-1985 ; mort des suites de ses blessures après une tentative d’évasion)

 

Les évasions

Prison de la Santé

 Malgré ses hauts murs, quelques prisonniers ont réussi à s’évader :

1927 : Léon Daudet s’évade 13 jours après son incarcération avec Joseph Delest grâce à un faux ordre de libération donné au directeur de la prison.

8 mai 1978 : Jacques Mesrine, François Besse et Carman Rives (qui est tué durant l’opération).

mai 1986 : Michel Vaujour s’évade dans un hélicoptère piloté par sa femme de l’époque, Nadine Vaujour.

Ce sont les seules évasions connues de cette prison.

 

La peine capitale à la Santé

En 1899, à la suite de la fermeture de La Grande Roquette , les hommes condamnés (c’est-à-dire les prisonniers déjà jugés) sont incarcérés à la Santé en attendant leur transfert au bagne de Guyane ou leur exécution capitale.

La guillotine fut dressée à l’angle de la rue de la Santé et du boulevard Arago, sur le trottoir. Voir ci-dessous :

Prison de la Santé

 La première exécution — et première à Paris depuis dix ans — eut lieu le 6 août 1909 ; ce fut celle d’un parricide nommé Georges Duchemin.Prison de la Santé

 *c’est ici que la guillotine était installée, à l’angle du Boulevard Arag et de la rue de la Santé

 

Le 7 mai 1932, Eugène Boyer, un criminel de 27 ans, se voit refuser la veille la grâce présidentielle de Paul Doumer. Environ vingt minutes avant il est sauvé in extremis de la guillotine suite à l’assassinat du chef l’État survenu le jour même où son exécution était prévue. En effet, en France, en matière de grâce, le président pouvait revenir sur sa décision jusqu’à la dernière minute, et manifestement, Boyer n’aurait pu bénéficier de cette possible « ultime clémence ». Albert Lebrun va le grâcier le 13 mai, il est envoyé au bagne de Guyane.Prison de la Santé

 Près d’une quarantaine de condamnés finirent leurs jours en ce lieu. L’avant-dernière exécution publique en France s’y déroula, celle du cambrioleur et double assassin Max Bloch, le 2 juin 1939. Le 24 juin, on décida d’interdire les exécutions publiques. La même décision faisait que les condamnés à mort dépendant de la cour d’appel de la Seine devaient subir leur exécution à la prison de la Santé.

Le 15 mars 1940, les frères Vocoret, qui avaient abattu trois policiers à Issy-les-Moulineaux, furent les premiers guillotinés à l’intérieur de la prison.

Pendant l’Occupation, outre des criminels de droit commun, on y pratiqua également les exécutions de dix-huit résistants et communistes. Neuf d’entre eux, exécutés entre août 1941 et juillet 1942, furent guillotinés. Les neuf autres furent fusillés le 30 avril 1944. Prison de la Santé

 Une plaque, apposée sur le mur de la prison à l’angle des rues Jean-Dolent et de la Santé, rappelle leur fin tragique.

Après la Libération, seuls des condamnés de droit commun furent exécutés dans la cour d’honneur de la prison de la Santé (à part plusieurs militants du FLN entre 1958 et 1960). On peut citer Marcel Petiot, en 1946, le marquis Bernardy de Sigoyer en 1947, Émile Buisson (« l’ennemi public n°1 ») en 1956, Jacques Fesch en 1957, Georges Rapin, dit « Monsieur Bill » en 1960.

Les derniers condamnés à mort guillotinés à la Santé sont Roger Bontems et Claude Buffet. Ils étaient les auteurs d’une tentative d’évasion avec prise d’otages qui se termina par la mort de ces derniers, en 1971. Condamnés à mort à Troyes le 29 juin 1972, ils furent exécutés le 28 novembre suivant.

Après eux, les condamnés à mort franciliens furent enfermés à la Prison de Fresnes (qui devait théoriquement devenir plus tard, en 1978, la seule prison habilitée à accueillir des exécutions capitales) mais aucun ne fut exécuté, l’abolition de la peine de mort ayant été décidée entre temps.

Cependant, lorsqu’elles ne servaient pas, c’est à la prison de Fresnes – dans les sous-sols du Centre National d’Orientation – que les deux guillotines restant en métropole étaient entreposées.Prison de la Santé

 En regardant le mur
De la prison d’en face,
J’entends tous les ragots
Et les bruits des autos,
Boulevard Arago,
Qui passent,
Sur les toits des maisons
Qui servent d’horizon,
Un bout de la tour Mont-Parnasse.
Yves Duteil

Prison de la Santé
*Le panoptique est un type d’architecture carcérale imaginée par le philosophe utilitariste Jeremy Bentham et son frère, Samuel Bentham, à la fin du XVIIIe. L’objectif de la structure panoptique est de permettre à un gardien, logé dans une tour centrale, d’observer tous les prisonniers, enfermés dans des cellules individuelles autour de la tour, sans que ceux-ci puissent savoir s’ils sont observés. Ce dispositif devait ainsi créer un « sentiment d’omniscience invisible chez les détenus.  

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