Paris autrement

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Blog principalement consacré à Paris, ville touristique qui a la réputation d'être la plus belle ville du monde. Vous découvrirez également un Paris pittoresque, insolite et secret : ce sont des endroits souvent méconnus des Parisiens. Sans oublier la région Ile de France.

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Le mur murant Paris, rend Paris murmurant    Anonyme

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Bien faire et laisser braire

Archives pour septembre, 2014

L’Ile Seguin

Ile Seguin

Boulogne-Billancourt Hauts de Seine 92

La balade des îles nous a emmené autour de l’île Seguin, les constructions encore visibles sont les ruines des anciennes usines Renault.

Régie Renault Ile Seguin

 

 

 

 

 

 

 

 

Renault vue d'ensemble

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Je ne suis pas trop au courant du futur projet de l’Ile Seguin, je sais juste que l’île va devenir un nouveau haut lieu de la culture de l’Ouest Francilien. Les projets ont été contestés, annulés, ont pris du retard …

Ile Seguin

Ile Seguin

Pour tout le monde, l’Ile Seguin reste à tout jamais associée aux usines de construction automobile Renault, installées sur le site. L’entreprise a révolutionné l’automobile française, et conquis la France. La petite entreprise familiale crée des modèles accessibles à toutes les bourses.Symbole de réussite, de création et de nouveauté, la marque devient leader des sourses automobiles. Renault modernise les méthodes de production, s’efforce d’être à la pointe de la technologie.

L’ usine de construction automobile Renault a occupé la quasi-totalité de l’île de 1929 à 1992 . Les bâtiments industriels ont été rasés en 2004-2005 et le site est aujourd’hui en réaménagement.

 Ile Seguin

Le projet actuel, dévoilé en juin 2010, révisé et adopté par votation par les Boulonnais à la fin décembre 2012, prévoit 255 000 m2 de droits à construire (ainsi que 12 000 m2 de jardin public et 23 200 m2 de terrasses plantées). Le projet de l’île Seguin, conçu par l’architecte Jean Nouvel, s’organise autour de deux pointes consacrées à l’art contemporain et à la musique alors que le centre de l’île abritera un cinéma et un pôle multimédia. Le début des travaux est prévu en 2014. Malgré la concertation menée par la Ville de Boulogne-Billancourt et la SAEM Val de Seine Aménagement, ce nouveau projet a provoqué l’opposition de nombreuses associations qui ont déposé plusieurs recours.

 

Le Pont Renault 

Le Pont a été traité comme une séquence à part entière de l’espace public, en donnant la priorité à une ligne épurée qui surgit avec légèreté du cours de l’île Seguin. Il a été conçu comme une lame tendue qui se propulse d’un seul jet d’une rive à l’autre. A terre, plus étroit, c’est un pont urbain qui démarre au cours de l’île Seguin. Au-dessus de la Seine, il s’élargit en belvédère pour devenir un lieu aérien de flânerie en relation avec la nature, avec de larges gradins de bois, sur deux niveaux de circulation.

Pont Renault

Il fallait non seulement enjamber la Seine, mais également la route départementale en respectant à la fois un gabarit routier et un gabarit fluvial. Aucun point d’appui ne devait reposer dans la Seine. Pour un ouvrage d’art comme celui-ci, la qualité du calcul a déterminé sa réussite. En étroite concertation avec SETEC TPI qui a assuré la phase de calcul, un travail d’optimisation a été réalisé afin que le pont soit le plus fin et le plus élancé possible. Le caisson est plus épais au bord et s’affine à son arrivée sur l’île. Le choix du métal a permis de conserver ce profil élancé.
 
Longueur : 205m 

Pont Renault

Pont Renault vers l'usine

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La période de l’usine Renault

 

Louis Renault patron de la « Société des Automobiles Renault », possédait des usines situées sur des terrains à Boulogne-Billancourt (« le Trapèze »), ainsi que sur la rive gauche, à Meudon (Bas-Meudon). Il acquiert l’île Seguin en 1919.

Fondée en 1899, la Société Renault Frères se développe à la vitesse du rêve d’évasion que promet l’automobile. Les premières usines à Billancourt ne satisfont pas toutes les commandes et les ambitions de Louis Renault. Celui-ci part à la conquête de l’Île Seguin dès 1919, en vue d’y construire une «usine vitrine». Consolidation des berges, surélévation du niveau de l’île, construction d’un premier pont puis d’un second, refondent le territoire sur lequel les usines sont construites, dotées d’équipements ultramodernes et généralisant le travail à la chaîne. Démantelées en 1974, les usines Renault fermeront définitivement leurs portes en 1992 en laissant passer – et ce fut une image mémorable – la dernière voiture construite sur le site.

 

Ile Seguin

Ile Seguin

L’industriel construit sur l’île Seguin sa première usine entre 1929 et 1934. L’histoire de l’île esr désormais celle de l’usine Renault. Complètement autonome, celle-ci possédait sa propre centrale électrique et plusieurs sites d’essais, dont une piste souterraine, ainsi qu’un pont d’embarquement pour transporter les véhicules par voie fluviale. C’est alors la plus grande usine de France, avec plus de 30 000 employés. Durant la Seconde Guerre mondiale, l’usine, qui produit alors des camions pour l’occupant allemand, subit plusieurs bombardements alliés.

Ile Seguin

Ile Seguin

Louis Renault est accusé de collaboration avec l’ennemi. Il meurt en prison en 1944, peu avant son procès. L’entreprise est alors nationalisée le 15 janvier 1945 sous le nom de « Régie nationale des usines Renault ».

Dans les années 1950, l’usine est le symbole de la croissance et la modernité de l’industrie française, notamment au moment où la Régie Renault lance la fabrication en grande série de la populaire 4CV. Trois cent 4CV sont produites par jour, alors qu’en 1948 la production était de quinze voitures quotidiennes.

L’usine devient en même temps un bastion du syndicalisme, notamment pendant les événements de Mai 1968.

Ile Seguin

* Le Pont Daydé est le pont qui relie l’Île Seguin à la rive droite de la Seine Boulogne-Billancourt. Il date de 1928 et a été construit par l’entreprise Daydé.

 

Alors qu’elle possède désormais de nombreux sites de production, en France comme à l’étranger, la régie annonce la fermeture de l’usine en 1989, celle-ci ne correspondant plus aux exigences des nouveaux processus de production.

Ile Seguin

La dernière voiture, une Supercinq, sort des chaînes le 31 mars 1992. Le nettoyage des bâtiments a commencé presque immédiatement après, mais ce qui posa le plus de problème fut l’énorme chantier de désamiantage et de dépollution du sol. La démolition des bâtiments de l’usine Renault se trouvant sur l’île a démarré le 29 mars 2004 et s’est achevée le 8 mars 2005.

Ile Seguin

Balade autour des îles Saint Germain et Seguin

 Balade autour des îles Seguin et Saint Germain

Hauts de Seine (92)

 

L’agrion

Samedi j’ai embarqué à bord d’un catamaran, plus précisément un petit catalante de 12 places, pour une balade intimiste à la découverte de la richesse de la Seine et de ses îles.

Catalante l'Agrion

La catalante est un catamaran motorisé, entièrement en aluminium, constitué d’un large plateau de plain pied, de deux flotteurs. Ce catalante est propulsé par un deux moteurs thermiques.

Catalante l'Agrion

Son faible tirant d’eau lui permet de naviguer presque partout. De plus, sa coque profilée permet d’avoir un batillage quasi nul (il ne crée pas de vagues), protégeant ainsi les berges de l’érosion.

De plus, les Catalantes présentent un double avantage ; ils émettent peu de bruit (qualité de silence) et consomment peu d’énergie.

Catalante l'Agrion

Catalante l'Agrion

Le bateau est conçu pour accueillir jusqu’à douze personnes, vélos, poussettes et fauteuils roulants manuels. Ce catalante, de type 700,  s’appelle l’agrion, du nom d’une espèce de libellules réapparues sur les berges de Seine. Pour la petite histoire, les bateliers appellent entre eux ce catalante le « petit caillou ».

 

L’association Espaces

La balade était organisée par l’association « Espaces, l’insertion par l’écologie urbaine ». Espaces est une association d’insertion par les métiers de l’environnement : elle propose des emplois d’insertion à des personnes en difficulté et applique une gestion différenciée des espaces naturels urbains dans l’Ouest parisien.

L’association, créée en 1994, est installée à Chaville, dans les Hauts-de-Seine, Elle est issue du projet d’habitantes et habitants du Val de Seine, désireux de créer une association qui allie écologie et social. Son premier chantier d’insertion avait pour mission l’entretien des berges de Seine d’Issy-les-Moulineaux, Meudon et Sèvres, afin de réhabiliter les bords de Seine, transformés en friches industrielles délaissées et de redonner un emploi aux anciens ouvriers et aux sans-abris vivant sur les berges. Depuis les chantiers se sont succédés, pour l’aménagement et l’entretien écologiques de sites urbains très variés (talus, bois, jardins, parcs…). L’association poursuit sans relâche sa mission d’accompagnement de personnes en difficulté dans leur retour à l’emploi.

Pont de Sèvres

La balade organisée par Espaces propose de découvrir les berges de Seine, ainsi que le patrimoine naturel et bâti de la Seine, dans le respect de l’environnement et des milieux naturels.

Pont de Sèvres

 

* Sur la gauche, c’est l’Ile de Monsieur, où se trouve l’embarcadère de la balade des îles.

Pont de Sèvres

Nous sommes partis depuis l’embarcadère de l’Ile de Monsieur, pour une balade autour des îles Seguin et Saint-Germain. Ces deux grandes îles se nichent au creux d’une boucle de la Seine, juste à la sortie de Paris, d’Issy les Moulineaux à Boulogne Billancourt et Sèvres.

Balade des îles

*Le pont Renault, à droite l’Ile Seguin, ancien site des usines Renault.

Balade des îles Pont Renault

Berges et gestion de l’eau

Les berges de Seine constituent un enjeu majeur pour les acteurs du territoire. Elles sont au coeur de la démarche de gouvernance de l’eau, engagée depuis plusieurs années sur le territoire Plaines et coteaux de la Seine centrale urbaine, allant de la confluence de la Marne, à l’amont de Paris, à la confluence de l’Oise. Soutenue par l’Agence de l’eau Seine-Normandie et le Conseil régional d’Ile-de-France, ce projet est animé par Espaces.

Balade des îles

* A droite l’Ile Saint Germain, à Issy les Moulineaux

Balade des îles

Une charte associée à un outil opérationnel est en cours d’élaboration et doit permettre de contribuer de façon décisive à l’atteinte du bon état des eaux fixé par la Directive cadre européenne sur l’eau de 2000 et le Schéma directeur d’aménagement et de gestion des eaux (SDAG E).

Balade des îles

* Le pont de Boulogne Billancourt. En dessous, sous le pont et au fond, l’immeuble caractéristique de Bouygues Télécom !

Balade des îles Pont de Boulogne Billancourt

La balade nous emmène du pont de Sèvres (92 ) jusqu’au pont D’Issy les Moulineaux. Nous avons fait le tout de l’Ile Seguin, et longé une partie de l’Ile Saint-Germain (Issy les Moulineaux), côté petit bras de Seine.

Balade des îles

*Le pont d’Issy les Moulineaux, tout au fond on distingue la Tour Eiffel. A gauche, et ci-dessous, la ville de Boulogne Billancourt

Balade des îles

Il faut savoir qu’en longeant la Seine, juste après le 15e arrondissement, nous arrivons sur la commune de Boulogne Billancourt, puis Issy les Moulineaux.

Pour mieux comprendre, voici la carte de la Seine : les deux îles sont dans la boucle de la Seine, tout en bas à gauche, près d’Issy les Moulineaux

Pairs les deux îles

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

l’île Saint Germain est la plus grande, derrière c’est l’île Seguin, ancien site des usines Renault. 

les deux îles St Germain et Seguin

 * photo prise sur : http://bilingue.iesvegadelturia.es/affi10/pari_ile.htm

Sur cette photo, à gauche c’est l’Ile Seguin, en friche, et juste en face d’elle, l’Ile Saint Germain, on distingue bien le petit bras de Seine. Une partie de l’île est un parc, l’autre est habitée.

 

Maison d’arrêt de Paris La Santé demain

Maison d’arrêt de Paris La Santé

42 rue de la Santé

Paris 14e

 

On ne sait pas à quoi va ressembler la maison d’arrêt de Paris La Santé demain. La vue que les voisins en ont va certainement changer, je ne sais pas si l’on verra encore ces tours rondes dépasser du mur d’enceinte.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Vue depuis le jardin d’un établissement voisin

 

La prison de la Santé aujourd’hui

Le quartier de semi-liberté de Paris La Santé reste en activité durant les travaux de réhabilitation et accueille environ 90 personnes. Accompagnées par le SPIP, Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation, elles peuvent quitter la prison afin de s’investir dans tout projet de réinsertion réduisant ainsi les risques de récidive.

 

La Santé demain

Nouvelle prison : cellules individuelles, places de semi-liberté…

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 * Plan d’ensemble du projet de Pierre Botton. La nouvelle prison comportera notamment des serres et une salle de conférences. A défaut de pousser les murs, le projet entend mettre à profit les toits.©Pierre Botton

 

Les détenus et le personnel ont été transférés dans les autres établissements d’Ile-de-France, dont Fresnes (Val-de-Marne) et Fleury-Mérogis (Essonne).

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Dans le restaurant panoramique, les employés seront des détenus et le service sera ouvert au public. © Pierre Botton

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 *Le toit sera aménagé en galeries pour circuler entre les différents parties de la prison.©Pierre Botton

 

Nous n’avons aucune information sur le projet, le Ministère de la Justice ne communique pas. Les architectes, sous la houlette de l’Apij (agence immobilière de la justice), « n’ont consulté ni les prisonniers, ni le personnel médical ou carcéral, ni les visiteurs de prison ». On sait seulement qu’il est prévu de conserver et de réhabiliter les bâtiments anciens, de construire des cellules individuelles, des parloirs familiaux, de nouveaux dispositifs de surveillance et surtout d’introduire des places de semi-liberté parmi les quelque 900 places…

L’un des prisonniers les plus célèbres de la Santé, Pierre Botton, incarcéré vingt mois pour abus de biens sociaux dans les années 1990, œuvre aujourd’hui aux côtés de Véronique Vasseur dans son association Les prisons du cœur. L’ancien homme politique et détenu VIP avait proposé pour la Santé un projet avec galeries de promenade sur le toit, restaurant panoramique et des plans de réinsertion « pour humaniser la prison ». Son projet, jugé « audacieux », n’aurait pas été retenu.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 * Des serres seront installées sur les toits.©Pierre Botton

 

La seule chose que je peux affirmer, c’est que le mur d’enceinte sera conservé.

 

« Ce ne sera plus jamais comme avant »

Au brouhaha incessant, a succédé un silence assourdissant. Les cellules se sont vidées de leurs occupants, seul résonne le cliquetis des clés manipulées par les surveillants encore en poste. Pour une chef de détention, cette fermeture est définitive : « Ça ne sera plus jamais comme avant « .

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Angle Boulevard Arago et rue Messier

 

Des cellules dégradées

La prison ne permet plus d’accueillir les détenus selon les règles de sécurité et de dignité dictées par l’Europe.

Les cellules étaient dans un état de délabrement avancé.

Suite à sa visite à la prison en 2009, le contrôleur général des lieux de privation de liberté, Jean-Marie Delarue, écrit dans son rapport de visite :

« Les personnes détenues partagent toutes des conditions de vie dégradées du fait de l’état délabré de la plupart des cellules. La dégradation affecte les murs, souvent décrépis et humides, les sols au revêtement défaillant ou absent, les sanitaires, la fermeture défectueuse des fenêtres, la température ambiante. »Il ajoutait que les détenus s’étaient plaints à plusieurs reprises lors de sa visite d’avoir « le sentiment d’être « traités comme des chiens » ou comme des « sous-hommes » » .

Maison d'arrêt de Paris La Santé

La Santé a une âme

Une page se tourne dans l’histoire carcérale française : celle de la Santé, riche des spasmes d’une société qui a toujours peiné à penser l’emprisonnement.

« De la guerre contre les quartiers de haute sécurité menée par l’illustre Jacques Mesrine au témoignage choc de Véronique Vasseur, médecin chef de la Santé, décrivant l’immonde et la violence, la prison de la Santé a été critiquée à de multiples reprises, cristallisant parfois les maux des prisons françaises. »

Pourtant, on sent que le personnel est nostalgique à l’idée de voir l’établissement fermer ses portes.

Sylvie Manaud-Bénazéraf, directrice de La Santé pendant sept ans, explique pourquoi « la Santé a une âme » et qu’« il faut qu’elle garde son identité ».

Le plan en panoptique de la prison permet à un gardien posté dans une tour centrale d’observer les détenus autour de lui, sans que ceux-ci puissent savoir s’ils sont surveillés.

Selon le philosophe Michel Foucault analyse, cette conception « a finalement permis de placer le dialogue au cœur de la détention ».

« Le principe des nefs, de la covisibilité entre les personnes détenues et les surveillants crée une dynamique et une proximité essentielles pour apaiser les tensions inhérentes à l’univers carcéral. Le système d’ouverture des portes n’est pas électrifié, décrit-elle. Il faut systématiquement un surveillant pour les ouvrir. Au final, c’est un peu plus de présence humaine pour les détenus. »

« Jean-Marie Delarue expliquait lui aussi avoir été témoin « de réelles solidarités mises en œuvre pour favoriser la vie quotidienne : préparation en commun des repas, achat groupé de produits cantinables, discussions ». »

 

Une prison dans la ville

La prison couvre 2,8 hectares, entre la rue de la Santé, la rue Messier, la rue Jean Dolent et le boulevard Arago.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Entrée de La Santé, au 42 rue de la Santé

 

« C’est important que les établissements pénitentiaires soient visibles, explique Mme Manaud-Bénazéraf. C’est crucial aussi pour les avocats et surtout les familles des personnes détenues, qui peuvent venir voir leur proches avec moins de difficultés. »

Cyrille Canetti, psychiatre et chef du service médico-psychologique régional depuis cinq ans au sein de l’établissement, ne dit pas autre chose.

« Personnels, partenaires, personnes détenues, on a tous vécu ça avec un serrement de cœur, d’autant que le travail mené avec les équipes de direction était fait en bonne intelligence. » A la Santé, « on avait parfois l’impression que les gens se promenaient. Il y avait une ambiance presque familiale ».

Face à la prison de la Santé, il y a une école maternelle rue Jean Dauland. Par un effet de réverbération, on entend le cri des détenus du côté de la maternelle et le cri des enfants du côté de la Santé.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment les personnes détenues ont-elles vécu la fermeture de la prison ?

Les détenus ont mal vécu le transfert dans d’autres établissements. Cela signifie pour beaucoup un éloignement de leur famille, et la fin d’une histoire. Beaucoup de détenus « le disent et depuis qu’ils sont partis l’écrivent : la Santé a quelque chose de particulier. C’est plus doux. Fresnes est connue pour être très stricte. Il y a quelque chose de plus fluide à la Santé. C’est un établissement moins violent. Ça vient en partie du fait que c’est dans la ville et que par conséquent les familles viennent plus souvent. Cela apaise les tensions. Cela tient aussi au personnel pour qui le dialogue avec la population pénale est très important.

Ces derniers mois, c’était assez violent. Les détenus savaient que le lundi et le vendredi à partir d’avril 2014, il y aurait des transferts, mais ils étaient informés la veille ou l’avant veille. Chacun savait, mais se demandait quand ça serait son tour. Il y avait une ambiance de départ assez lourde. En cours de promenade, les gens apprenaient qu’untel était parti. On ne le dit pas, mais les transferts, ce sont des séparations ».

Cyrille Canetti Psychiatre à La Santé pendant 5 ans

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Vue depuis le jardin d’un établissement voisin

 

Il y avait vraiment urgence à fermer la Santé

Le bâtiment est très vétuste : en hiver : la pierre tombait à cause du gel. Dans les blocs B, C et D, des pans de plâtre s’effondraient sur la tête des gens. Les lieux ont été fermés en urgence.

Malgré la vétusté et la surpopulation dans les cellules, il n’y a jamais eu de coups d’éclat ou de protestations par rapport aux conditions de détention. Résignation? ou conséquence d’une certaine souplesse du personnel pour compenser l’état de vétusté?

Maison d'arrêt de Paris La Santé

La Santé, une ambiance particulière

« J’ai été frappé par l’ambiance agitée au bloc A, où il y avait les encellulements à plusieurs. C’était une ambiance assez mouvementée, voire surréaliste. On voyait des détenus se promener avec des bassines pour aller à la douche ; il y avait beaucoup de bruit, les surveillants étaient très sollicités. C’est là que j’ai pris la mesure de la difficulté d’exercice des surveillants. Il fallait qu’ils fassent preuve de beaucoup de patience.

En fait, les mouvements sont assez faciles à la Santé. Cela tient notamment à l’architecture de l’établissement. On a parfois l’impression que les gens se promènent. Il y avait une ambiance presque familiale. »

Evidemment ce n’est pas le paradis, la violence entre les détenus existe : la prison est un monde violent par essence, où règne l’exclusion et la discrimination. »C’est un concentré de violences qui peut potentiellement venir de tous les intervenants, avocats, soignants, surveillants ou détenus. En détention, on n’a pas les moyens de se divertir des choses douloureuses, ce qui exacerbe tous les sentiments. »

Cyrille Canetti Psychiatre à La Santé pendant 5 ans

Sources : sur site, le parisien.fr, lemonde.fr  

Maison d’arrêt de Paris-La Santé Les évasions célèbres

A quoi pouvait bien penser ce détenu, appuyé sontre les grilles de la prison de La santé? A une éventuelle évasion?

Maison d'arrêt de Paris La Santé

Jacques Mesrine, condamné le 10 mai 1977 à 20 ans de prison pour attaques à main armée, recel et port d’armes, écrira :

« L’ombre des barreaux se reflète sur les murs délavés des cellules comme pour y emprisonner la seule évasion que représente le rêve. » 

Jacques Mesrine 

  

Les évasions ont été peu nombreuses : seulement 3 en 147 ans. La Santé avait la réputation d’être une prison « humaine ».

 

LES EVASIONS CELEBRES

Peu d’évasions à La santé, mais elles ont profondément marqué les esprits.

« Malgré son état de délabrement avancé, la prison de la Santé avait bonne réputation parmi les détenus. Alors que Fresnes est connue pour sa sévérité dans l’application du règlement, l’établissement parisien était réputé plus souple. Ici, les détenus trouvaient une forme d’humanité dans les relations avec le personnel pénitentiaire. Une souplesse voulue afin de compenser la dégradation des lieux, l’absence d’infrastructures pour les activités et le manque d’espace. De fait, la prison se distingue par son faible nombre de suicides (un seul en 2013) et d’agressions, que ce soit entre détenus ou contre les surveillants. Et en 147 ans d’existence, la Santé ne compte que trois évasions réussies à son compteur, dont la dernière date de plus de vingt-cinq ans, ce qui la classe parmi les établissements les plus sûrs du monde. »

Maison d'arrêt de Paris La Santé

Les premières évasions se produisent à la Santé à la suite du bombardement de la prison par les prussiens lors de la guerre de 1870.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Un mirador sous la tour de chauffage

 

La première « belle » a eu lieu en 1872 . Un dénommé Calliaux parvient à scier les barreaux de sa cellule et à s’évader par une bouche d’égout. En 1927, un Camelot du Roi, prétendant être le ministre de l’Intérieur, appelle le directeur de la Santé et fait libérer le leader de la ligue d’extrême droite Action française Léon Daudet. Pour rendre la supercherie encore plus crédible, il demande aussi la libération du dirigeant du Parti Communiste Pierre Sémard ! Il s’est évadé treize jours après son arrivée.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

En 1947, un groupe de détenus perce le sol de leur cellule et creuse un tunnel. L’évasion échoue toutefois, et son auteur, le romancier José Giovanni, la relate dans l’ouvrage « Le Trou », adapté au cinéma en 1960 par Jacques Becker.

L’évasion la plus célèbre reste celle de Jacques Mesrine et François Besse du QHS, en 1978. Armés et déguisés en surveillants, ils parviennent à passer le mur d’enceinte et à s’enfuir. Ils laissent derrière eux un troisième détenu abattu par les surveillants. En réaction, l’administration fait couvrir les cours de promenade du QHS (actuelles cours de promenades des quartiers disciplinaire et d’isolement) et installe des miradors dans le chemin de ronde.

évasion de Mesrine La Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

*Vue générale du mur de la prison de la Santé à Paris, prise le 5 mai 1978, par lequel les gangsters Jacques Mesrine, Carman Rives et Francis Besse viennent de s’évader. Un gardien qui effectuait sa patrouille les a surpris et a ouvert le feu, blessant mortellement Carman Rives (à terre sur la photo). | AFP/PAVUNIC le monde.fr

 

Enfin le braqueur Michel Vaujour s’évade en mai 1986. Il rejoint le toit de la prison et se hisse à bord d’un hélicoptère piloté par sa femme.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

L’administration généralise alors les filets antiaériens au dessus des cours de promenade.

Le concertina, ce fil de fer barbelé composé de lames de cutter, vient renforcer ce dispositif. 

concertina La Santé

 

Le SPIP

La réinsertion des détenus

Situé au 12, rue Charles Fourier dans le 13e arrondissement de Paris, le Service Pénitentiaire d’Insertion et de Probation de Paris intervient dans le cadre du service public pénitentiaire. Conformément à la loi n° 2009-1436 du 24 novembre 2009, il « participe à l’exécution des décisions et des sentences pénales, au maintien de la sécurité publique et doit s’organiser de manière à lutter efficacement contre la récidive en favorisant le réinsertion des personnes. »

Le rôle du SPIP se décline autour de trois axes :

– l’évaluation, le suivi et le contrôle des personnes

– l’aide à la décision judiciaire dans un souci d’individualisation

– l’insertion des personnes placées sous main de justice

Maison d'arrêt de Paris La Santé

*Un mirador

 

4 axes d’intervention

– le SPIP participe à la prévention de la récidive en milieu ouvert en intervenant sur le passage à l’acte, les faits commis, la prise en compte des victimes. Au 1er juillet 2014, au niveau national, 176 229 personnes sont suivies en milieu ouvert sur un total de 256 949 personnes prises en charge par l’administration pénitentiaire.

4 axes d’intervention sont développés avec les différents partenaires pour favoriser une meilleure insertion et une lutte plus efficace contre la récidice : l’hébergement, l’insertion par l’économie, les soins et le lutte contre les addictions, l’accès à la culture.

Le SPIP de paris maintient les partenariats en milieu ouvert, notamment dans le cadre de la contrainte pénale, et participe à renforcer l’intervention de la société civile en milieu ouvert.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

Différentes mesures prises par le SPIP :  exécuter sa peine hors de la prison, placement sous suurveillance électronqiue : 192 personnes, semi liberté : 91 personnes. Elles dorment au sein du centre de semi-liberté et sortent travailler, suivre une formation ou des soins en journée. Enfin lep lacement à l’extérieur : 43 personnes. Objectif : remobilisation à l’emploi ou mise en oeuvre d’un parcours de soins.

Le Travail d’Intérêt Général TIG : 600 personnes suivies, moyenne d’âge 29 ans, 48% de personnes sans emploi (20% en CDI et 18% en parcours de formation).

Les infractions : 22% infractions routières, 21% stupéfiants, 14% violences. La mairie de Paris et la Garde Républicaine sont les principaux partenaires en matière d’offre de postes de TIG.

Le sursis avec mise à l’épreuve : 3200 personne ssuivies sur despériodes de 18 mois à 3 ans pendnat lesquelles elles doivent respecter des obligations générales et particulières selon les actes commis.

Maison d'arrêt de Paris La Santé

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

* Le chemin de ronde, entre la prison et le mur d’enceinte

 

La prison comprend des salles de cours et une bibliothèque, quelques salles de musculation.Un « centre scolaire » abrite une salle polyvalente de 200 places, des salles de cours dispensés par des enseignants détachés, et des ateliers qui permettent de travailler.

Car depuis la loi du 22 juin 1987, le travail en détention n’est plus une obligation mais un droit. 

En 1975, les détenus osnt autorisés à conserver un poste de radio personnel. La télévision peut être regardée collectivement. En 1985, elle est autorisée en cellule.

 

sources : sur site 

pour la photo du concertina :

http://www.francetvinfo.fr/france/journees-du-patrimoine/visite-de-la-prison-de-la-sante-a-paris.html

Maison d’arrêt de Paris-La Santé La discipline

Journées Européennes du Patrimoine

Maison d’arrêt de Paris-La Santé

42 Rue de la Santé

Paris 14e

 

La discipline en détention

Les règlements du quartier disciplinaire et du quartier d’isolement sont strictement encadrés

De 1975 à 1982, l’actuel quartier d’isolement de la Santé a accueilli le quartier de sécurité renforcée ou « quartier de haute sécurité » (QHS).

Etaient écroués des détenus jugés « dangereux » ou susceptibles de s’évader. Le régime était très rigoureux : isolement total, surveillance étroite, et privation des activités communes de la prison. Roger Knobelpiess, Jacques Mesrine, célèbres détenus, ont dénoncé ces régimes, abrogés par Robert Badinter en 1982.

Maison d'arrêt de Paris-La Santé

*Au fond, après les grilles et dans le prolongement du QD, le Quartier d’isolement.

 

Le QHS devient alors l’actuel quartier d’isolement. Ce QI accueille des détenus à leur demande ou sur décision administrative pour prévenir un risque contre les personnels, une évasion ou pour protéger un détenu du reste de la population pénale. Isolés, ces détenus conservent toutefois les mêmes droits que les autres.

Le détenu qui a manqué à la discipline en commettant une faute est présenté devant une commission, (réunie dans le « prétoire »), qui peut décider de l’envoyer au quartier disciplinaire, le « mitard ». La peine maximum est de 30 jours de QD en cas de tentative d’agression d’un surveillant. Une liste exhaustive de fautes et le barème des jours de confinement correspondant a été établie.

La sécurité au mitard est maximale

Les cellules y sont individuelles mais elles sont minuscules. Le lit et le bloc toilettes-lavabo y sont scellés au sol, l’espace de rangement est creusé dans le mur. Les détenus qui sont au mitard sont dangereux, et une protection spécifique est nécessaire. Ainsi, les cellules du QD sont fermées par une porte doublée d’une grille. La première s’ouvre avec la clé d’un surveillant tandis que la grille ne peut être déverrouillée que par un gradé.

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« Toutes les heures, un gardien vient vérifier à travers le judas que le prisonnier est bien dans sa cellule. Vivant. Comme ailleurs, ces œilletons sont vitrés et parfois doublés d’un grillage afin d’éviter au surveillant de se prendre une fourchette dans l’œil. »

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Le quartier d’isolement se trouve dans le prolongement du QD.

Certains détenus demandent à y purger leur peine. Les autres y sont placés d’office en raison de leur dangerosité ou pour les protéger des autres prisonniers (dans le cas des condamnés pour pédophilie, par exemple).

Maison d'arrêt de Paris-La Santé

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Le quartier d’isolement de La santé a vu défiler des condamnés célèbres : le terroriste Carlos, les tueurs en série Michel Fourniret et Guy Georges, ou encore le braqueur Antonio Ferrara, qui y était surveillé 24 h/24 après son évasion en 2003 de la prison de Fresnes. « Pendant son procès, Ferrara avait finalement été installé à l’isolement à la Santé afin d’éviter un transfert quotidien depuis Fleury-Mérogis où il était détenu initialement. Une décision motivée par un souci d’économies : deux hélicoptères étaient réquisitionnés (entre autres) à chaque fois qu’il se rendait au tribunal. »

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Les cours de promenade des quartiers de sécurité

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Les détenus de ces deux quartiers de haute sécurité ont droit à une heure de promenade par jour dans une cour individuelle.

Maison d'arrêt de Paris-La Santé

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Les douze cours individuelles sont découpées en triangle façon camembert et recouvertes d’une épaisse couche de grillage et de concertina, ce fil de fer barbelé composé de lames de cutter. Ce faux plafond est tellement dense qu’il masque le ciel et isole le détenu du regard du surveillant installé dans une tourelle au-dessus des cours.

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*Ci-dessous la disposition en camembert des cours de promenade. Sur laphoto du dessus, on aperçoit la guérite de surveillance des prisonniers, dont la vue est quasiment masquée par l’épaisseur du grillage.

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Le quartier VIP

Un quartier médiatique et médiatisé…

Dans les années 1930, ce quartier, appelé «quartier des banquiers», aurait été créé afin de préserver l’intégrité physique des cols blancs incarcérés, impliqués dans des banqueroutes ou scandales financiers. Ils bénéficient alors de quelques « largesses », mais leur régime de détention est identique à celui des autres détenus. Ici comme ailleurs, les détenus peuvent améliorer leur quotidien en achetant auprès de la maison d’arrêt nourriture, vêtements ou même lecteur DVD via un catalogue tarifé.

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« Hormis cet isolement, il n’y a aucune différence de traitement dans le quartier VIP. Les détenus mangent la même chose que les autres, ils sont soumis aux mêmes règles de sécurité que les autres. C’est en fonction de sa personnalité et de son affaire que le placement en quartier VIP est décidé par la direction interrégionale de l’administration pénitentiaire, parfois après recommandation des juges.

Sylvie Manaud-Bénazéraf, chef d’établissement de la maison d’arrêt de Paris-La Santé depuis 2007.

Mais il y a un revers de la médaille l’isolement des détenus VIP leur interdit l’accès à certains services comme le culte ou le terrain de sport (il n’y a pas de gymnase à la Santé). « Et vivre dans une communauté d’une dizaine de personnes peut s’avérer plus pesant que vivre au milieu d’une centaine de détenus. Ceux qui souhaitent sortir de l’isolement de leur cellule peuvent se rendre dans la salle d’activités pour lire ou jouer à des jeux de société. Dans la pièce adjacente, une table de ping-pong et quelques appareils de musculation permettent aux détenus VIP de compenser l’exiguïté de leur cour de promenade. »

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Au milieu des années 2000, ce quartier des particuliers, ou « quartier VIP » se situe alors dans la troisième division. Il accueille des détenus qui, du fait de leur profession ou de l’impact médiatique de leur affaire,doivent être séparés des autres détenus pour leur protection. Cette mesure de protection ne leur assure là aucun privilège : ils demeurent soumis aux mêmes règles de la détention que les autres détenus. Toutefois, les détenus sont en petit nombre, et les surveillants plus disponibles. Alors que dans le reste de la prison, un surveillant a en charge cent détenus, il n’en a que dix en quartier VIP.

C’est un petit couloir de 14 cellules. Ici ont défilé a vu défiler les détenus les plus médiatiques. Le terroriste Carlos, l’homme d’affaires Bernard Tapie, l’ancien trader Jérôme Kerviel, le général Noriega, «l’ennemi public n°1» Jacques Mesrine, l’ancien préfet de police Maurice Papon, le convoyeur de fonds Tony Musulin ou le rappeur Joey Starr y ont tous purgé une peine plus ou moins longue.

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Ce quartier VIP fait fantasmer, pourtant c’est loin d’être une prison 5 étoiles. Certes les cellules sont bien plus grandes, individuelles et les toilettes isolées par une porte.

« Dans l’esprit des magistrats, la prison de la Santé abrite un quartier VIP, et comme ces mêmes VIP habitent souvent Paris, leurs avocats préfèrent qu’ils soient incarcérés à la Santé plutôt que d’avoir à courir à Fresnes ou à Fleury. » Pascal Loucheur, formateur des personnels et premier surveillant, en poste à la prison de la Santé depuis dix-huit ans.

 

Sources sur site, complément :

http://www.francetvinfo.fr/france/journees-du-patrimoine/visite-de-la-prison-de-la-sante-a-paris.html

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