Paris autrement

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Bien faire et laisser braire

Archives pour février, 2015

Abbaye de Port Royal 3

Abbaye et cloître de Port Royal

 

Quelques précisions sur l’affectation des locaux

En 1795, l’Hospice de la Maternité, hôpital public, est ouvert dans ses bâtiments et ceux de l’Oratoire voisin. En 1814 les services d’accouchement et l’école y sont transférés, il prend le nom de Maternité de Port-Royal. En 1890, la clinique Baudelocque est construite sur les terrains de la Maternité; son nom rappelle le rôle de Jean-Louis Baudelocque, professeur d’obstétrique de la fin du XVIIIe siècle. En 1966, la Maternité Port-Royal est installée dans de nouveaux bâtiments. Le cloître, la chapelle et la salle capitulaire de l’ancienne abbaye ont été conservés et intégrés dans l’hôpital Cochin. Le cloitre abrite actuellement la direction de l’établissement. Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

Par arrêté du 19 octobre 1928, les façades des bâtiments qui entourent la chapelle sont inscrits au titre des monuments historiques et par arrêté du 24 octobre 1933, la chapelle, le chœur des religieuses, les façades et toitures du pavillon de l’Administration, le cloître et son aire, l’ancienne salle capitulaire sont classées monument historique;

La chapelle de Port Royal

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

L’archiecture de la chapelle de Port Royal s’apparente àla construction religieuse de la renaissance italienne : arcs boutants, voûtes d’ogives disparaissent.Le projet de Le Paultreétiat plus riche et orné que celui retenu par mère Angélique. En effet, par souci d’économie et d’humilité, la religieuse avait refusé toute ornementation superflue. C’est ainsi que l’église fut amputée du beau portique qui devait surplomber l’entrée, des balustres, des statues et des ornements architecturaux divers qui parsemaient la façade.

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

La rosace elle-même fut réduite à une sévère ouverture quadrillée qui ajoute encore à l’austérité del’édifice.

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le cloître

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

De même le cloître s’adossant à la chapelle présente une succession d’arches simples et austères, et est assez représentatif de l’austérité des jansénistes. Le cloître, qui ne comporte pas d’aile nord car adossé à la chapelle, est très agréablement planté.

Sous les arcades on trouve deux statues.

Abbaye de Port Royal

L’une d’elle représente un grand prêtre israélite.
Sur son front, ‘une plaque brillante en or pur’ sur laquelle sont gravées ces paroles :
« La sainteté appartient à YHWH » – Exode 28 :36

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

 

« En ces Journées du Patrimoine 2004, il a donc été possible de pénétrer dans l’abbaye de Port-Royal de Paris. Qu’y a t-on vu ? Un cloître, pauvrement fleuri et des bâtiments, parmi lesquels le laïc se mêle étroitement au religieux. En faisant le tour par les extérieurs, on tombe nez à nez avec la façade de la chapelle, façade férocement austère. Pas l’ombre d’une religieuse n’habite les lieux. Des panneaux indiquent les différents départements de l’hôpital. La communauté des sœurs a donc quitté les galeries et les cellules de l’abbaye sans laisser de traces. Pourtant, quelque chose est là. Quelque chose d’imposant. Lorsque l’on pénètre dans la chapelle, aux murs vides, au haut plafond boisé qui est d’époque, et que l’on se trouve devant la grille en fer forgé qui matérialisait la clôture entre les sœurs et les laïcs, on est figé par la grandeur spirituelle qui émane de cette salle. La mère Angélique, mère abbesse de l’abbaye de Port-Royal qui a été inhumée en ces lieux, n’est pas loin. »

Salle capitulaire
Salle de réunion de la communauté religieuse.
Le portrait de la Mère Angélique est accroché au mur, il a été réalisé d’après un tableau de PhilippeChampaigne. Elle a étéle réformatrice del’abbaye de Port Royal des Champs à partir de 1607.

Abbaye de Port Royal

Abbaye de Port Royal

 Abbaye de Port Royal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Choeur des religieuses
Cette salle, aménagéeaujourd’hui en salle de conférence et de réunion, était autrefois l’espace où se rassemblaient les religieusesà plusieurs reprises dans la journée pour les différents offices : laudes le matin, tierce, sexte, none, vêpresle soir, complies,ou pour la messe, pourl’oraison.

Abbaye de Port Royal

Les religieuses participaient à la messe célébrée dans la chapelle, sans sortir de la clôture, à travers la grille qui ouvre sur la chapelle. Au centre de la grille, en bas, se trouve le guichet qui leur permattait de venir y recevoir la communion.

La tombe du Janséniste Antoine Le Maistre

Dans le cloître, une étrange plaque a attiré mon regard, avec un texte écrit en latin; après recherches, en voici la traduction :

Ci-gît Antoine Le Maistre Neveu d’Arnauld d’Andilly par sa soeur. Avec lequel, lié jadis par tous les liens de la nature et de la grâce,Il est réuni maintenant par la société même de la sépulture. Alors que tous vantaient son exceptionnelle éloquence, détestant ce monde d’admirateurs, il se déroba à l’éclatdes plaidoiries, à toutes les promesses de son siècle jusqu’aux plus grands honneurs qui l’appelaient, et se réfugia dans cette solitude, devenu muet pour les hommes afin de ne parler qu’à Dieu. Et ce qui fut le plus difficile pour un si grand maître dans l’art de parler fut de ne pas moins mépriser l’éloquence,ayant appris de Dieu que l’humilité du silence est plus retentissante et plus sublime pour attirer au Ciel son attention et le séduire.Travailleur acharné, lent à la colère. Il mourut dans sa cinquantième année le 4 novembre 1658.

Abbaye de Port Royal

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

HIC IACET ANTONIUS LEMAISTRE, ROBERT ARNAULD D’ANDILLY EX SORORE NEPOS ; CUM QUO OMNIEUS NATURAE ET GRATIAE VINCULIS OLIM. CONJONCTUS IPSA NUNC SEPULTURAE SOCIETATE CONJUNGITUR. CUM OMNES SINGULAREM ILLIUS ELOQUENTIAM PRAEDICARENT MUNDUM EXOSUS ETIAM ADMIRANTEM CONTEMPTA LUCE. FORENSI, ET OMNI SPE SAECULI AD MAXIMOS QUOSQUE HONORES INVITANTIS IN HANC SE SOLITUDINEM ABDIDIT HOMINIBUS MUTUS UT CUM DEO LOQUERETUR. HOC UNUM ILLI IN VOTIS, LAPERE ET PAE ? NITERE DIVITIAS,TAM DITIOR POST QUAM ARTECERAT VILIORES LUTO HABUITI QUOD DIFFICILIUS ERAT TAM MAGNUS DICENDI ARTIFEX NON MINUS CONTEMPSIT ELOQUENTIAM ALIAM AVERBO. DEI EDOCTUS QUA SILENTII HUMILITATE VOCALIOR AC SUBLIMIOR AUDITUR IN CAELO, ET DEUM ELECTIT. HINC NIHIL ILLI OPTATIUS,QUAM NEQUE AUDIREUT OTIOSIS SENSIBUS MENS COELO INFIXA VERITATIS ROBUR HAVRIRET : DIVINAE HUIC SOLITUDINEM AMATOR PAUPERUM IUNXII AMOREM PAUPERTIS, PATIENTIAM IN LABORIBUS, CAUDIUM IN OPROBIIS ? PARTITATEM IN VICTU, ODIUM SUI ET CHARITATEM IN ALIOS, QUAE SUNT ADIUMENTA DISCIPLINAE COELESTIS MAGNIFICE IN PRIMIS TRACTAVIT POENITENTIAM , QUAM NON EX INFIRMITATE NATURAE ,AUT CONSUETUDINE HIMINUM QUI MALE IUDICANT DE DIVINIS SED EX GRATIAE OTENTIAE ESTIMAVIT, ARDENS AMATOR NON MINUS GRATIAE QUAM PAENITENTIAE ET SIPER EIUS HUMILITATEM DICERE LICERET, UTRIUSQUE DEFENSOR OBIIT ANNOS NATUS 50 DIE 4 NOVEMBRIS MDCLVIII

Antoine Le Maistre, né en 1608 et mort le 4 novembre 1658 était un avocat janséniste français. Il était le fils d’Isaac Le Maistre et de Catherine Arnauld, fille aînée de l’avocat Antoine Arnauld (1560-1619).

Premier des Solitaires, Antoine Le Maistre se fixe pour toujours à Port-Royal des Champs en août 1639, menant une vie discrète et austère. Jean Racine entretiendra alors avec lui des relations d’amitié. Le Maistre se consacra à faire des traductions, à écrire des vies de Saints. Il a laissé une œuvre abondante et meurt le 4 novembre 1658 des suites d’une maladie. Sa pierre tombale est visible dans le cloitre de Port-Royal de Paris.

 

Abbaye de Port Royal 2

 Abbaye et cloître de Port Royal

 2-22 rue du Faubourg Saint Jacques  

Paris 14  

RER Port Royal

 

Fin de l’histoire mouvementée, où l’on passe d’une abbaye à une prison puis à une maternité… Abbaye de Port-Royal de Paris

L’Abbaye de Port Royal, haut lieu du Jansénisme à Paris

Dans les deux abbayes, les religieuses furent initiées aux doctrines de Jansénius par l’abbé de Saint Cyran, confesseur de Port Royal.

Saint Cyran, de son vrai nom Jean Duverger de Hauranne, était issu d’une famille de négociants de Bayonne. Après des études de théologie à la Sorbonne, il était devenu chanoine à Notre Dame de Paris en 1608, avant de s’attacher à l’évêque de Poitiers, Monseigneur de la Roche Posay. Il lui dût de devenir chanoine de Poitiers en 1615, puis abbé de Saint Cyran en 1620. Il rencontra Richelieu en Poitou alors que celui-ci était évêque de Luçon et c’est grâce à lui qu’il devint aumonier de Marie de Médicis, en 1622.Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Saint Cyran était proche du flamand Jansen, qui latinisera son nom en Jansénius. Jansen allait découvrir Saint Augustin et travailler à un ouvrage sur la pensée de celui-ci; sa doctrine prit le nom de Jansénisme.

Le jansénisme, ou plus exactement le Saint Augustinisme, estime que la seule alternative proposée à l’homme est la grâce ou la damnation. L’homme ne pouvant rien par lui-même, la grâce de Dieu, qui est un don auquel nul ne peut résister, peut seule nous ouvrir la voie du salut. Pour quel’homme soit sauvé, il faut un pont entre Dieu et sa créature, et ce pont ne sera lancé que par Dieu, au moyen du don de la grâce. Cette théorie oppose radicalement à celle des Jésuites pour lesquels l’homme n’atteindra le paradis que par ses mérites, sans avoir besoin de la grâce.Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

Jansen publie en 1635 « Mars Gallicus », dans lequel le théologien attaque vivement la politique étrangère de Richelieu qui mène la guerre contre la maison d’Autriche catholique, avec pour alliés les principaux souverains protestants d’Europe, dont la Hollande et la Suède. C’en est trop pour Richelieu et Louis XIII qui estimaient qu’un état fort ne pouvait s’accommoder de plusieurs têtes, fussent elles religieuses.

Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

Saint Cyran est arrêté en mai 1638 et enfermé au château de Vincennes. Il y mourra en 1643. Mais le flambeau est repris par Antoine Arnaud, ordonné prêtre en 1641, et les religieuses s’éloignent de leurs origines cisterciennes.

Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

En 1653, une bulle du pape Innocent X condamne les thèses de Jansenius après que la faculté théologique de Paris les eut censurées, sur pression des jésuites.En 1656, le clergé de France ordonna que tous les ecclésiastiques signent le formulaire condamnant ces thèses. Les religieuses de Port Royal refusèrent.En 1661,une nouvelle ordonnance fit commandement aux religieuses de signer le texte de condamnation.

Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ce fut Louis XIV qui décida d’en finir. Il mit trois ans pour arriver à ses fins. En 1664, les religieuses réfractaires furent expulsées de Port Royal et dispersées dans plusieurs couvents. Cette expulsion dramatique eut lieu dans la salle capitulaire. En 1665, le roi dissocia les deux couvents de Paris et des Champs, et fit de Port royal de Paris une maison complètement indépendante de ND des Champs, désormais interdite aux théories du Jansénisme. Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

 

La Bourbe

En 1705, ND des Champs fut fermée, et en 1709 les dernières religieuses dans divers couvents. Les bâtiments furent démolis, l’église rasée, le cimetière dévasté (on recueille alors les restes de Racine, transférés à St Etienne du Mont à Paris), les biens réunis à Port Royal de Paris, et l’emplacement du monastère livré à la charrue. Il n’y eut plus qu’une seule abbaye de Port Royal, celle du faubourg Saint Jacques à Paris, confiée à des soeurs de la Visitation, ceci jusqu’à la Révolution. A cette date elle fut fermée, et transformée en prison sous la Terreur, sous le nom de « Port libre », ou « La Bourbe ». Lavoisier, Chrétien Guillaume de Lamoignon de Malesherbes (avocat de Louis XVI à son procès) et Madame de Tourzel, ancienne gouvernante des enfants de France, y furent détenus. Des centaines d’autres « contre révolutionnaires » passèrent par La Bourbe.

Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La maternité

En 1795, la prison fut vidée et l’ancienne abbaye fut transformée en hospice pour enfants trouvés, et partiellement en maison d’accouchement pour nécessiteux. A partir de 1814, c’est cette dernière affectation qui est conservée, et l’établissement prit le nom d’hôpital de la maternité.

Aujourd’hui l’abbaye est classée Monuments Historiques et intégrées à l’Hôpital Cochin. 

Abbaye de Port-Royal de Paris

Abbaye de Port-Royal de Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Sources : Paris historique

Demain, la chapelle, et l’intérieur de l’Abbaye

Abbaye de Port Royal

Abbaye et cloître de Port Royal

2-22 rue du Faubourg Saint Jacques

Paris 14

RER Port Royal

 

L’ancienne abbaye de Port Royal se visite lors des journées européennes du Patrimoine. Après un séjour à la prison de la santé, je suis allée me recueillir dans l’enceinte de l’ancienne Abbaye de Port Royal, toute proche !

 

L’abbaye de Port-Royal de Paris ne doit pas être confondue avec l’abbaye de Port-Royal des Champs dans la vallée de Chevreuse.

C’est une histoire très riche et mouvementée que celle de l’abbaye de Port Royal ! Prenez le temps de lire, vous ne vous ennuierez pas !

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

Nous sommes ici dans l’ancienne abbaye de Port Royal de Paris, centre de la vie cistercienne parisienne dans la première moitié du XVIIe siècle et foyer du Jansénisme français.

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

On ne peut la dissocier de l’abbaye mère fondée au 13e siècle dans la vallée de Chevreuse.

En effet, au début du XVIIe siècle, il y avait deux abbayes de l’ordre de Citeaux, fondé au XIIe par la réforme cistercienne avec saint Bernard, père abbé de Claiveaux : l’abbaye de Port Royal des Champs, dans la vallée de Chevreuse, et celle de Port Royal, à Paris, rue du Faubourg Saint Jacques.

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

ND des Champs avait été fondée en 1204, sur les conseils de l’évêque de Paris, Eudes de Sully, à la demande de Philippe Auguste. Ce dernier s’était perdu dans le marais de la vallée de Chevreuse lors d’une partie de chasse, et ne dut son salut qu’à la vue d’une petite chapelle dédiée à Saint Laurent. Pour remercier la providence, il décida de faire construire un monastère autour de cette chapelle. L’endroit s’appela « le port du roi » ou Port Royal. Les premières religieuses qui s’y établirent faisaient partie de l’ordre de Citeaux, un ordre aux règles rigoureuses. Mais les alentours giboyeux, les allées et venues fréquentes de jeunes cavaliers transformèrent le monastère en un lieu plus propice au repos du guerrier qu’au salut des âmes! De plus,l’endroit était marécageux et insalubre, et les morts de religieuses ne se comptaient plus.

Au XVII l’abbaye ND des Champs avait la réputation d’être un lieu inhospitalier aux moeurs quelque peu relâchées!

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

C’est à ce moment là qu’intervient la famille Arnaud, famille assez surprenante pour qu’on en fasse la connaissance.

Les Arnaud étaient originaires d’Auvergne. Le grand-père échappa au massacre de la St Barthélémy grâce à un sauf conduit émanant de Catherine de Médicis. Cet homme étonnant, aussi bien de robe que d’épée, eut treize enfants, dont Antoine Arnaud, le père de la future abbesse de Port Royal .

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

Antoine Arnaud épousa Catherine de Marion, fille d’un des plus célèbres avocats de Paris. Il eut vingt enfants, dont dix survécurent, notamment six filles. Il avait hérité de la charge de procureur général de la reine Catherine de Médicis. A la mort de celle-ci, il se consacra à son métier d’avocat. Il était célèbre, il avait du bien, et il s’assura que l’établissement de ses enfants ajoutât de l’estime et de la richesse à sa famille.

Il décida donc que l’aînée de ses filles, Catherine, resterait dans le monde. Mais, pour pouvoir la doter dignement, les deux suivantes, Jacqueline et Jeanne, entreraient au couvent. Jacqueline devint novice à Port Royal à l’âge de huit ans et demi en 1599 grâce à une tricherie sur son âge : on lui donna dix ans de plus auprès du pape. Elle fut nommée abbesse de ND des Champs à douze ans. Entre temps, elle était allée à l’abbaye de Maubuisson pour se préparer à son futur rôle. Abbaye dont l’abbesse, Angélique d’Estrées, n’était autre que la soeur de la favorite royale, Gabrielle d’Estrées. Elle prit le nom de mère Angélique, et fut intronisée abbesse par l’abbé de Citeaux. En 1609, elle décida de rétablir la règle stricte de Citeaux et la clôture.

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

En 1619, Madame Arnaud, veuve d’Antoine Arnaud, décide d’entrer en religion et acquiert rue de la Bourbe, à l’emplacement actuel du bd de Port Royal, le petit hôtel de Chagny, entouré de jardins, appartenant à Pierre Lescot, architecte de la façade ouest du Louvre et de la fontaine aux Innocents, aumônier du roi et seigneur de Chagny. Elle en fit don à l’abbaye et la communauté des soeurs de ND des Champs vint s’y installer. En 1625, Louis XIII, à la requête de la reine mère Marie de Médicis, acceptait l’installation des religieuses à Paris, sensible aux préceptes cisterciens de Saint Bernard.

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Madame Arnaud y fut religieuse avec ses six filles et ses six nièces, tandis que deux de ses fils, Robert Arnaud d’Andilly, le 20e enfant, et Antoine Arnaud, le célèbre théologien, philosophe et janséniste convaincu, occupèrent le Port Royal des Champs avec d’autres personnalités célèbres appelé « les Messieurs de Port Royal » ou « les solitaires de Port Royal « . Parmi eux, Pascal, qui y écrivit « les provinciales ». Les deux frères vécurent là de 1637 à 1660.

La mère Angélique avait également obtenu l’autorisation de l’ archevêque de Paris, Jean François de Gondi, de s’installer à Paris, et de prendre l’abbaye sous sa propre juridiction, déliant les religieuses de leur dépendance envers les moines de Citeaux.

Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

L’hôtel nécessitait des travaux d’agrandissement importants. Une galerie et les greniers furent aménagés en cellules, et on installa une chapelle de fortune dans une salle. On commença à construire le monastère en 1645 sur les dessins de l’architecte Antoine Le Paultre. La première pierre de l’église fut posée en 1646 et l’archevêque de Paris la bénit en juin 1648. Le cloître et le reste des bâtiments ne furent achevés que vingt ans plus tard.

 Abbaye de Port Royal Paris

Abbaye de Port Royal Paris

Les photos ont été prises le même jour, sur les plus sombres il tombait des seaux d’eau.

La visite guidée était assurée par l’Association Paris Historique. La suite demain, l’histoire ne s’arrête pas là…

Sources : Paris historique 

Patinoire de l’Hôtel de Ville

Patinoire de l’Hôtel de Ville de Paris

Paris 4e

 

 Ca glisse sur la patinoire de l’Hôtel de Ville 

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Derniers jours pour profiter de la patinoire de l’Hôtel de Ville de Paris. Installée depuis mi décembre, elle fermera le 1er mars au soir.

Elle est ouverte aux patineurs en tous genres, débutants ou avertis, qui peuvent s’adonner aux plaisirs de la glace sur la célèbre patinoire de l’Hôtel de Ville.

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Deux pistes sont proposées

Une grande et une petite réservée aux enfants de moins de 6 ans.

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Il n’ y a pas d’âge minimal pour l’accès à la patinoire. Les mineurs restent sous la responsabilité de leurs parents mêmes s’ils se présentent à la patinoire non accompagnés de leurs parents.
Des moniteurs diplômés sont là pour s’adapter aux différents publics (grand public débutant ou habitué, groupes scolaires, centres de loisirs…). Ils assurent ainsi une mission de conseiller technique et de médiateur pour sécuriser l’espace de glisse.

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

L’accès estgratuit. Pourlespersonnes qui n’ont pas de patin, il estpossible d’en louer (la location de patins est de 6€).

Il y a toujours beaucoup de monde sur la patinoire de l’Hôtel de Ville, et on patine en musique, ambiance assurée.

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Patinoire Hôtel de Ville de Paris

Pour se remettre de ses efforts, on peut se restaurer, salé ou sucré, au choix.

Hôtel de Ville de Paris

Hôtel de Ville de Paris

L’Hôtel Gouthière

Hôtel Gouthière

6 rue Pierre-Bullet

Paris 10

Découvrir un hôtel particulier, aux alentours du faubourg Saint Martin, est assez inattendu. Pourtant, derrière la mairie du 10e arrondissement, se trouve une belle demeure.

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

Elle appartenait au ciseleur-ornemaniste Pierre Gouthière, fournisseur de Louis XVI et de la comtesse Du Barry. Il s’était distingué grâce à la confection du coffre à bijou offert à Marie-Antoinette lors de son mariage.

L’hôtel Gouthière fut construit entre 1772 et 1780 sur un terrain qui courait alors jusqu’à la rue du Faubourg Saint Martin. Comme souvent, la propriété fut morcelée au siècle suivant.

Hôtel Gouthière Paris

En 1890, on perça la rue Pierre Bullet pour isoler la mairie, et l’hôtel fut définitivement séparé de son jardin.

L’Hôtel Gouthière accueille le Conservatoire Hector Berlioz, créé en 1950, depuis 1981. La maison a conservé plusieurs éléments de son décor d’origine. Dans la cour, une frise bachique orne l’avant-corps. Dans la niche au dessus de la porte d’entrée deux femmes assises couronnent la tête d’une divinité.

Le bâtiment

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

A l’intérieur, on peut admirer les peintures murales du grand salon, d’époque Louis XVI, et les marqueteries de l’anti-chambre. La bibliothèque à colonnes, les cheminées, les espagnolettes en bronze doré, les sols en marbre, ajoutent encore au charme ce cet ensemble aux proportions élégantes.

Les décors intérieurs présentent des panneaux de bas-reliefs en stuc ainsi que des candélabres néo-pompéiens. 

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Derrière l’élégante façade à refends, dont la porte s’orne d’une lunette où deux figures féminines couronnent une divinité, surmontée d’une frise représentant le triomphe de Bacchus, les gypseries du décors intérieur subsistent en grande partie.

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

L’hôtel Gouthière est un hôtel particulier entre cour et jardin de style néo-classique. Le portail d’entrée est en haut d’un large perron encadré de deux sphinges.

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il est composé d’un avant-corps saillant à bossage en tables percé d’une unique porte en plein-cintre avec dans le tympan un groupe sculpté de deux muses assises couronnant de laurier un buste d’Apollon. 

Hôtel Gouthière Paris

 Hôtel Gouthière Paris

 

Pierre-Désiré Gouthière

Pierre-Désiré Gouthière, né en 1732 à Bar-sur-Aube, vint tôt à Paris et devint l’élève du ciseleur-doreur François Ceriset dont il épousa la veuve. Il connut alors une vogue extraordinaire. Inventeur du procédé de la dorure au mat qui donnait à ses oeuvres un éclat incomparable, il réalisait d’après les dessins d’architectes illustres comme Bélanger ou Ledoux des girandoles ou des bras-de-lumière très appréciés de Louis XVI, du duc d’Orléans ou de madame du Barry.

À la Révolution, ses clients entraînèrent dans leur ruine l’artisan impayé.

 

Cet hôtel, construit par Joseph Métivier, le perdit. Gouthière avait vu grand : le bâtiment visible aujourd’hui est une petite partie d’un vaste corps de logis comportant plusieurs boutiques. Incapable de faire face à ses créanciers, il mourut dans la misère en 1813. 

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Le conservatoire Hector Berlioz

En 1950, le Conservatoire du Xe voit le jour dans les locaux de la Mairie, puis s’installe dès 1981 dans l’Hôtel Gouthière.

Le conservatoire en chiffres :

1241 élèves, 96 enseignants qui dispensent 830 heures heures de cours chaque semaine; une centaine de concerts, auditions et spectacles chaque année, 4 actions régulières en milieu scolaire, 2140 m², 50 salles dont 2 studios de danse, 1 salle de théâtre, 1 salle d’orgue, 10 personnels administratifs

Hôtel Gouthière Paris

 Hôtel Gouthière Paris

Classé au titre des Monuments historiques

éléments protégés MH salon ; élévation ; décor intérieur

protection MH 1927/10/26 : inscrit MH

Parties du Premier Empire, comprenant : façades sur cour, décoration de l’antichambre et du salon à rez-de-chaussée, décoration du petit salon au premier étage : inscription par arrêté du 26 octobre 1927

L’hôtel Gouthière a été construit en 1780 sous la maîtrise d’œuvre de Joseph Métivier ou François-Victor Perrard de Montreuil pour le ciseleur Pierre Gouthière. Après la ruine de Gouthière en 1788, l’hôtel fut vendu au notaire Hercule Arnoult.

Hôtel Gouthière Paris

Hôtel Gouthière Paris

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

La façade sur cour a sans douté été transformée sous le Premier Empire (perron encadré par des sphynx « retour d’Égypte »). Le décor intérieur a été réalisé après 1788, Arnoult étant propriétaire.

Hôtel Gouthière Paris

Par arrêté du 26 octobre 1927, les parties du Premier Empire, comprenant les façades sur cour, la décoration de l’antichambre et du salon à rez-de-chaussée et la décoration du petit salon au premier étage font l’objet d’une inscription au titre des monuments historiques.

sources : sur site et

http://conservatoire10.free.fr/

J’ai été autorisée exceptionnellement à faire des photos de l’intérieur, rapidement, pour ne pas déranger les personnes qui travaillent au conservatoire Hector Berlioz. Le joli bâtiment en face est la Mairie du 10e arrondissement de Paris.

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