Paris autrement

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Bien faire et laisser braire

Archives pour février, 2016

Une fresque de Jo Di Bona Place de la République Paris

Fresque de Jo Di Bona Place de la République

16 février 2016

Paris

 

Avant la fresque Quai de Jemmapes, Jo Di Bona avait réalisé deux portraits géants place de la République. Cette fresque orne l’envers de la palissade décorée au lendemain des attentats de la devise parisienne Fluctuat nec mergitur. Cette oeuvre éphémère était à admirer rapidement. A mon avis elle n’existe plus à cette heure.
Jo Di Bona Place de la République Paris

En effet, un graffeur était déjà à l’oeuvre le lendeman soir même, et aviat entrepris de fiare un dessin par dessus a fresque de JO di Bona, fort heureusement sans effacer sa signature, ni recouvrir le logo de l’ONG Première Urgence Internationale.Jo Di Bona Place de la République Paris

Jo Di Bona Place de la République Paris

Jo Di Bona Place de la République Paris

Ce 16 février, le street-artiste Jo Di Bona posait l’un de ses fameux wallpapers déchirés, en partenariat avec l’association Première Urgence Internationale. Pour réaliser cette œuvre, il a passé plus de… 13 heures sur place (de 5h00 à 18h30), sans discontinuer !

Il lui fallu trois étapes :

– peinture du fond coloré

– pose des deux portraits, des enfants photographiés dans un camp de réfugiés syriens au Liban

– déchirures du papier pour laisser voir le fond peint

Jo Di Bona Place de la République

 

 

Sensibiliser l’opinion publique

Jo Di Bona travaille en collaboration avec l’ONG « Première urgence Internationale », en faveur des enfants syriens. Ici c’est portraits de jeunes syriens réfugiés au Liban. L’artiste a arraché le portrait pour faire affleurer couleurs et graffiti par dessous. C’est original, haut en couleurs et le résultat est superbe. Le message porteur est fort, le fait d’arracher des lambeaux de portrait ajoute une dimension dramatique à l’oeuvre.Jo di Bona Place de la République

 

*crédit photo de ce mur peint  : © Mateo Vitale/Photo PQR Le Parisien / MaxPPP

 

Jo Di Bona

Jo Di Bona est né dans la banlieue Parisienne. Fervent adepte du graffiti, il crée ce qu’il appellera par la suite le «POP GRAFFITI», qui mélange collages, diverses influences du Graffiti, mais aussi la culture Pop dont il s’est profondément imprégné. Jo rend hommage aux icônes et grands personnages de l’histoire et travaille également sur des portraits d’anonymes.

En 2014, il obtient le 1er Prix du Graffiti à la Fondation EDF. Il participe à de nombreux projets à Paris et dans toute la France : des murs (comme celui réalisé en mai 2015 d’une jeune yézidi sur le M.U.R Oberkampf à Paris), des expositions, des performances live et des ateliers.

En 2015, il participe à un livre hommage « le street-art et Charlie » et à un ouvrage « les murs révoltés ». Il se rapproche d’associations en participant notamment à des ventes aux enchères solidaires. Jo Di Bona travaille en collaboration avec le photographe et réalisateur Alex Gallosi, qui photographie et filme ses performances de street art.
Jo Di Bona Place de la République Paris

 

Pouvez-vous nous parler de votre parcours… Dans quel contexte avez-vous commencé à créer ? Pourquoi avoir choisi le graffiti comme moyen d’expression… ainsi que les murs et trains comme premiers supports de création picturale ?
J’ai commencé le dessin très jeune, car j’avais la chance d’avoir un Papa graphiste dans la pub, donc il y avait toujours des feutres, marqueurs et autres crayons chez nous. Puis, vers l’âge de 13 ans, un ami à moi un peu plus vieux a ramené des aérosols dans le quartier après que nous ayons visionnés le film « COLORS ». Nous avons été dans une zone industrielle pour essayer les bombes et nous avons commencé à taguer sur les murs. J’ai eu une sensation indescriptible, un sentiment d’invincibilité et de liberté et je n’ai plus lâché les aérosols par la suite !
J’ai rencontré Nestor ainsi que d’autres graffeurs et je suis devenu addict de ce moyen de peindre rapide, explosif et très coloré ! Et puis surtout, peindre sur les trains ou sur les murs de manière illégale vous remplit d’adrénaline et ça devient vite une véritable drogue !Jo Di Bona Place de la République Paris
Adepte du graffiti, vous vous en êtes éloigné créant ce que vous appelez le «POP GRAFFITI». Pouvez-vous nous en dire plus sur cette double filiation ?
J’ai peint dans la rue de 1988 à 2000 et de 1991 à 1993 j’ai fait 3 ans d’Arts Plastiques au lycée avec d’autres graffeurs dans la classe de Claudie Laks et elle nous a ouvert les yeux sur autre chose que le graffiti. Nous lui montrions nos photos de graffitis, et elle nous encourageait à les mélanger, à ne pas rester enfermés dans la logique lettrages + contours + personnages… Elle nous a emmenés à Amsterdam pour visiter le Rijksmuseum et là-bas ça a été une grosse claque pour nous ! Nous en avons profité pour peindre sur place et prendre plein de photos de la scène locale, où les graffitis artistes avaient déjà pris un virage créatif assez exceptionnel avec des artistes comme Pone, Delta (Mess), Gasp, tous les I.N.C (In Control)…
Van Gogh et les graffitis locaux nous ont éblouis et nous sommes rentrés des idées plein la tête ! C’est à ce moment-là que j’ai commencé à coller ce que je récupérai à gauche à droite sur mes dessins et que j’ai nommé mon travail le « Pop Graffiti », dès 1991.
J’allais souvent au musée avec mes amis graffeurs et à l’époque je peignais beaucoup avec Nestor et Lek qui m’ont beaucoup appris et influencé. Nous allions souvent visiter les musées et peignions beaucoup dans les terrains de graffs, et je me suis nourri de tout ça : Warhol, Roy Lichtenstein, Jasper Johns, mais aussi bien sûr Bando, Orel, Nasty, Mode 2… J’assume complètement les influences Pop Art et Graffiti Art dans ma peinture, qui est aujourd’hui le mélange de toutes ces rencontres et expériences. Jo Di Bona Place de la République Paris

Quelles sont vos sources d’inspirations (artistes, personnages, choix des couleurs… ) ?
Aujourd’hui mes sources d’inspiration sont sans limites, elles peuvent bien sûr venir d’artistes comme Soulages, Klein, Dubuffet, Ernest Pignon Ernest, Villéglé, Rotella, Fontana, Max Ernst, Picasso et bien sûr la scène graffiti actuelle qui explose complètement et qui n’a plus de frontières. Mais je peux aussi être influencé par des choses très quotidiennes comme des affiches, pubs, logos, bouquins, films…

Qu’est ce que le «POP GRAFFITI» vous permet-t-il de mettre en lumière ?
A travers le Pop Graffiti, je peux rendre hommage à de grands personnages, faire des clins d’œil à d’autres artistes, être au fait de l’actualité si je le ressens comme ça, travailler sur des portraits d’anonymes… Je suis très libre en fait !Jo Di Bona Place de la République Paris
La gamme chromatique de vos oeuvres est très étendue. Pouvez-vous nous parler de vos choix de couleurs et de leur impact sur votre oeuvre ?
Comme je vous le disais un peu plus haut, le « Pop Graffiti » me permet de tout exploiter de manière quasi infinie et c’en est de même pour les couleurs ! J’ai pas mal d’envies en fait : des œuvres monochromes, des camaïeux…
Pour mes choix de couleurs, j’essaye de partir avec dans mon sac des couleurs que je n’aurais jamais mariées ensemble par exemple, ou de m’imposer des contraintes : pas plus de 5 ou 6 différentes, ou alors je demande à mon amie : « choisis en 5… ! »
Mais la couleur reste d’une grande importance pour moi, et c’est à mon avis elles qui font que l’œuvre vibre ou pas. J’aime aussi les contraintes : dernièrement sur le festival « Parcours Aucwin » à Saint-Denis, les organisateurs Joachim Romain et Jungle n’avaient prévus que quelques couleurs, les mêmes pour tous les artistes dont un rose hyper flashy… Je me suis éclaté dans cette contrainte et j’ai beaucoup appris en voyant ce que les autres en avaient fait !

Jo Di Bona signe une fresque Quai de Jemmapes pour les réfugiés syriens

Jo Di Bona

Quai de Jemmapes Paris 10e

 

Mercredi 17 février 2016, une fresque de « pop graffiti » en hommage aux réfugiés syriens étiat en cours de réalisation Quai de Jemmapes, le long du Canal saint Martin. L’artiste à l’oeuvre est Jo Di Bona. Une oeuvre éphémère à admirer rapidement.

Après avoir réalisé une fresque, l’artiste a collé un portrait de jeune Syrien, qu’il a ensuite arraché partiellement pour faire apparaître la fresque en dessous. Ci-dessous, il commence déjà à déchirer le portrait.Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Sensibiliser l’opinion publique

Jo Di Bona travaille en collaboration avec l’ONG « Première urgence Internationale », en faveur des enfants syriens. Ici c’est portraits de jeunes syriens réfugiés au Liban. L’artiste a arraché le portrait pour faire affleurer couleurs et graffiti par dessous. C’est original, haut en couleurs et le résultat est superbe. Le message porteur est fort, le fait d’arracher des lambeaux de portrait ajoute une dimension dramatique à l’ouvre.Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Un partenariat avec une ONG

Jo Di Bona, 40 ans, n’a pas réalisé ce mur par hasard. Il est le fruit d’un partenariat noué avec l’ONG Première Urgence internationale qui souhaitait collaborer avec un street artist pour sensibiliser à la cause syrienne.Jo Di Bona Paris

« C’était important, pour moi, de rendre hommage à ces personnes en situation difficile. Quand on était petits, on jouait à la guerre. Eux, ils la vivent en vrai », a confié Jo Di Bona au journal « Le Parisien ».

Le projet

2011-2016: CINQ ANS DE GUERRE EN SYRIE

En cinq années, la guerre en Syrie a fait plus de 260 000 morts et un million de blessés. La moitié de la population syrienne a fui les violences et les bombardements. 6,6 millions de personnes sont déplacées sur le territoire syrien et 4,6 millions ont pris le chemin de l’exil pour se réfugier dans les pays de la région, jusqu’en Europe.Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Pour rendre compte des conditions de vie extrêmes dans lesquelles vivent les réfugiés syriens, l’organisation humanitaire Première Urgence Internationale avait envoyé fin 2014 le photographe Edouard Elias réaliser un reportage au Liban et en Jordanie. Cette série de photos raconte la vie quotidienne des réfugiés dans ces deux pays. Elle montre aussi le soutien apporté par les équipes de Première Internationale sur le terrain, grâce à l’aide de la Commission européenne.

Du 2 au 9 mars 2016, elle sera exposée au Point Ephémère, à Paris.

L’occasion de se retrouver au Point Ephémère le mardi 8 mars autour de l’exposition, d’une table ronde sur la crise syrienne et d’une performance live de street art de l’artiste Jo Di Bona, qui a rejoint le projet en 2016.Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Présente en Syrie depuis mai 2008, Première Urgence Internationale est l’une des premières organisations humanitaires internationales à être intervenue pour répondre à la crise syrienne.

Dans le but d’apporter une aide d’urgence aux populations vulnérables affectées par cette crise, Première Urgence Internationale a mis en place une approche intégrée à l’échelle régionale. L’ONG travaille en Syrie, en Jordanie, au Liban et en Irak, dans les domaines de la santé, du logement, de l’éducation, de la sécurité alimentaire, de l’eau, l’assainissement et l’hygiène.

Ce projet a été réalisé avec le soutien du service d’aide humanitaire et de protection civile de la Commission européenne.Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

 

Techniques mixtes pour un résultat fort en couleurs

Jo Di Bona est un graffeur originaire de la région parisienne. Depuis le début des années 90, il mixe les techniques du graffiti et du collage, avec des clins d’oeil appuyés au pop art. Il a baptisé ce style haut en couleurs « Pop Graffiti ».Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Jo Di Bona Paris

Pour cette fresque il a procédé comme à son habitude en commençant par un travail à la bombe aérosol, travaillant des formes géométriques de couleurs vives.

Puis il a recouvert ce travail déjà très abouti avec ce portrait de jeunes syriens réfugiés au Liban, qu’il a ensuite arrachées pour faire affleurer couleurs et graffiti par dessous.Jo Di Bona Paris

Le mur peint avant, crédit photos Florimages Pictures

Jo Di Bona mur quai de Jemmapes

Sources :

Florimages Pictures

http://artandfarts.over-blog.com/2016/02/jo-di-bona-street-artiste-au-grand-coeur.html
http://www.artistup.fr/articles/781/l-univers-energisant-pop-graffiti-de-jo-di-bona
http://culturebox.francetvinfo.fr/tendances/street-art/street-art-jo-di-bona-signe-une-fresque-a-republique-pour-les-refugies-syriens-235351
http://jodibona.com/bio/ 

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles (2)

Restauration du Bassin de Latone

Château de Versailles

 

LE BASSIN DE LATONE AVANT LES TRAVAUX DE RESTAURATION

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Le bassin de Latone : une volonté royale

Le bassin de Latone résulte de la volonté de Louis XIV de créer, au centre de son Jardin, une fontaine qui raconte l’enfance d’Apollon, le dieu-soleil qu’il s’est choisi pour emblème. Pour créer cette fontaine, Louis XIV fait transformer un bassin creusé par Louis XIII en y installant progressivement des jeux d’eau et des décors sculptés par les frères Marsy. Le bassin de Latone connaît plusieurs états avant d’épouser sa forme actuelle. En 1667, il est la fontaine aux Crapauds. De 1668 à 1670, un premier bassin de Latone apparaît ; Latone est alors au même niveau que les autres figures et tournée vers le Château. De 1687 à 1689, Jules Hardouin-Mansart crée le bassin actuel, en faisant faire un demi-tour à Latone et en la hissant au sommet d’une pyramide de marbre.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

RESTAURATION DU BASSIN DE LATONE

Le chantier du bassin, démonter pour remonter le temps

Depuis plusieurs années, la structure du buffet d’eau central qui supporte le décor de statues et les réseaux de fontainerie était gravement fragilisée par l’usure de ses fondations d’origine. A quoi s’ajoute l’usure du temps qui a altéré l’étanchéité de l’édifice et encrassé les marbres et les statues.

Dépose des sculptures

Soulèvement d’une tortue en plomb d’environ 100 kilos : cette tortue en plomb s’envole hors du bassin de Latone.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles dépose des sculptures

Un chantier de démontage et de remontage de l’œuvre avec ses matériaux d’origine

L’urgence d’une restauration d’ensemble s’imposait. D’autant plus que le bassin de Latone constitue un carrefour essentiel pour l’alimentation des fontaines situées en contrebas, en collectant les eaux depuis les bassins des terrasses.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Cet important projet longtemps attendu s’est concrétisé en 2012 grâce au mécénat de la fondation Philanthropia. Mené sous la direction de Pierre-André Lablaude, architecte en chef des Monuments historiques, le chantier se décompose en 3 étapes majeures :

Démontage des sculptures, des marbres, de la maçonnerie et des canalisations

D’abord, le démontage de toute la structure du buffet d’eau, élément par élément, des 73 statues jusqu’aux réseaux internes de canalisations en passant par les parements de marbre, les vasques en plomb et les maçonneries.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

La restauration des éléments en atelier

Tous ces composants sont ensuite envoyés en atelier pour être restaurés grâce aux savoir-faire des artisans, ouvriers et techniciens d’art mobilisés pour la sauvegarde de ce patrimoine – maçons, tailleurs de pierre, restaurateurs de marbre, de métaux, doreurs et fontainiers….

Remontage du bassin de Latone

Enfin, après le remontage minutieux de tous les éléments restaurés, le bassin de Latone, un des plus anciens et des plus importants du parc de Versailles, aura retrouvé son éclat d’origine.

 Vidéo des travaux  (mettre le son)

 

La restauration du Bassin de Latone en chiffres

– 26 mois de travaux

– 14 tonnes de plomb pour l’étanchéité des trois vasques ovales du buffet

– 35 000 feuilles d’or pour la dorure des 74 sculptures en plomb

– 200 soudures à la louche pour la restauration des conduites en plomb

– 700 m2 de pavages et 110 mètres de margelle en marbre blanc

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Les métiers d’art

– 9 fontainiers, 17 jardiniers, 7 doreurs, 9 tailleurs de pierre, 9 chaudronniers et restaurateurs de sculpture en métal, 4 couvreurs spécialisés en couverture de plomb, 10 apprentis.

Détails des travaux

Le 12 avril 2013 lz groupe sculpté de Latone et ses enfants est retiré du sommet du bassin.

L’enlèvement de ce groupe marque le lancement de la restauraton de Latone, tout juste 400 ans après la naissance d’André Le Nôtre, le créateur des jardins de Versailles.

Les restaurateurs de métal et les doreurs. Après leur nettoyage et traitement par les restaurateurs de métal, les sculptures de plomb du Bassin, représentant les paysans et leur métamorphose en grenouilles, ont été confiées aux doreurs. Ceux-ci ont utilisé la technique traditionnelle de dorure à la feuille, pour des raisons de longévité. Avant de procéder à la dorure, ils posent sur les sculptures un traitement anticorrosion puis plusieurs couches de produits. Ils procèdent ensuite à la dorure à la feuille.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

 

Restaurateurs de marbre, une esthétique originale tout en contrastes

Les restaurateurs de marbre travaillent à rétablir l’esthétique originale du bassin de Latone, faite de l’opposition entre l’or mat des décors sculptés en plomb, la blancheur éclatante du marbre du groupe Latone et ses enfants et les irisations colorées des marbres décoratifs. Une fois démontées, ces plaques de marbre ont été transportées à l’atelier de restauration.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Le marbre blanc de Latone mis à l’abri

Le ruissellement fréquent des eaux a beaucoup altéré l’ensemble des décors de marbre du bassin. Le groupe sculpté sommital Latone et ses enfants ayant de plus été abîmé par un acte de vandalisme, il a été mis à l’abri en 1989 et remplacé par une copie en poudre de marbre. Il a été restauré en 2012 et présenté dans l’exposition Versailles et l’Antique (novembre 2012 – mars 2013).Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Une restauration nécessaire

De couleurs chatoyantes et lisses à l’origine, les marbres de parement étaient ternis et brisés en plusieurs endroits, victimes des problèmes d’étanchéité dont souffrent les vasques du bassin. Ils ont été déposés à l’été 2013 et transportés à l’atelier de restauration de marbre. Cela permettra en parallèle aux maçons de consolider le système de fixation des marbres et de reprendre l’étanchéité des vasques du bassin. Les marbres seront remontés sur le bassin de Latone à la fin du chantier.

Les ajutages en cuivre sont mis en place dans les gueules des sculptures, puis les paysans, les lézards, les grenouilles retrouvent leur palce dans le bassin de Latone.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Les sculptures du bassin de latone sont hydrogommées, les dépôts et les traces de l’ancienne dorure laisse place àla couleur grise du plomb. Chaque sculpture reçoit plusieurs couches de peinture anti corrosive. Les restauratrices appliquent successivement une couche de peinture anti rouille, une couche depeinture à l’eau blanche, et une couche de peintureà l’huile jaune.

Le groupe sculpté de Latone avant Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

L’ancien moulage du groupe sculpté de Latone étant trop endommagé, un nouveau moulage du groupe sculpté est réalisé en poudre de marbre. L’ancien moulage du groupe sculpté de Latone est entreposé en réserve aprs 40 années de loyaux services.

Le lundi 18 mai 2015, a eu lieu l’inauguration du bassin et des parterres de Latone.Restauration du Bassin de Latone Château de Versailles

Le mécène

La restauration du Bassin de Latone a été possible grâce au mécénat. le mécène est la Fondation PHILATROPIA Lombard Olivier.

La Fondation Philanthropia couvre tous les domaines d’intervention de l’action humanitaire et sociale (représentant 47% des dons en 2012), à la culture et l’éducation (37%), et de la recherche médicale et scientifique (10%) à l’environnement (6%).

À titre d’illustration, le Fonds thématique « Humanitaire et social » s’est engagé en 2012 à appuyer l’action menée par SOS Sahel, pour renforcer leurs actions face à la crise alimentaire et à la désertification de cette région de l’Afrique. Le Fonds thématique « Recherche médicale et scientifique » a soutenu, pour sa part, l’Institut Pasteur dans le développement d’un vaccin thérapeutique contre le cancer.

En parallèle, une quinzaine de Fonds abrités ont poursuivi leur action dans les domaines d’intervention choisis par les donateurs, comme le soutien à une campagne globale contre le trafic d’espèces animales menacées ou l’octroi de bourses universitaires aux étudiants de la Faculté de médecine de l’Université de Genève.

Depuis sa création en 2008, la Fondation Philanthropia s’est engagée pour plus de 17 millions de francs suisses auprès de quelque cinquante organisations.

Sources : Crédit photos : EPV Thomas Garnier Christian Millet Gilles Truyens Virginie Marty 

http://latone.chateauversailles.fr/

Restauration du bassin de Latone Château de Versailles

Château de Versailles

Bassin de Latone

 

Après trois années de travaux, le Bassin de Latone, qui menaçait de s’effondrer, a été restauré complètement, et a retrouvé sa splendeur d’antan.Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

Le mythe de Latone

« Le bassin de Latone est l’une des œuvres les plus symboliques et politiques des jardins de Versailles. Elle illustre en effet le mythe de Latone, rapporté par Ovide dans les Métamorphoses. Poursuivie par la colère de Junon, épouse de Jupiter, Latone tente de protéger dans sa fuite les jumeaux Diane et Apollon issus de sa liaison avec le dieu. Mais des paysans de Lycie (actuelle Turquie) lui interdisent de se désaltérer à l’eau d’un étang. Elle implore alors Jupiter de les transformer en crapauds pour « qu’à jamais (ils puissent) vivre dans cet étang ! ». C’est à cette métamorphose que le spectateur assiste en admirant le bassin de Latone orné de 148 sculptures disposées en pyramide, les paysans ayant déjà les doigts palmés ou le corps en cours de monstrueuse transformation. » Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

Trois ans de travaux

Trois ans ont été nécessaires pour restaurer en totalité le plus beau bassin de Versailles. Ce fut une « opération à cœur ouvert », comme l’a appelée Pierre-Henri Lablaude, architecte en chef des monuments historiques. Les travaux avaient débuté le 12 mars 2012. Cette date symbolique marquait l’anniversaire de la naissance d’André Le Nôtre, jardinier en chef de Louis XIV et créateur en 1665 de cette œuvre d’art qui fut remaniée par l’architecte Jules Hardouin-Mansart en 1686.Bassin de Latone Château de Versailles

Les fontainiers donnent quelques tours de manivelle, et l’eau jaillit de nouveau des gueules béantes des grenouilles, lézards et tortues qui ornent le bassin de Latone. Il reprend vie enfin en ce lundi 18 mai 2015.Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

Des métiers d’arts, et des techniques ancestrales

Des dizaines d’artisans d’art se sont activés pendant pour démonter, restaurer pièce à pièce et remonter cette sculpture majeure : doreurs, tailleurs de pierre, marbriers, chaudronniers, couvreurs, fontainiers…Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

 

Toutes les sculptures ont été démontées afin de subir  » une restauration en plusieurs étapes : après décapage, les restaurateurs ont comblé les parties manquantes avec du plomb, recréé les pièces disparues puis opéré un « matage » pour niveler l’ensemble avant de reprendre les ciselures des écailles et des plis des vêtements. Après différents traitements anticorrosion, elles ont ensuite été dorées à la feuille d’or avec des outils identiques à ceux utilisés au 18e siècle. En étudiant les plans de l’époque, les fontainiers ont également remis en eau les jets tels qu’ils existaient à l’époque de Louis XIV. D’autres techniques, comme la « soudure à la louche » des canalisations, ont été redécouvertes et réutilisées pour l’occasion. »Bassin de Latone Château de Versailles

 

14 tonnes de plomb et 35000 feuilles d’or

Plus de 14 tonnes de plomb et 35.000 feuilles d’or ont été nécessaires pour sauver des dégradations du temps les 760 m2 du bassin de Latone.

A l’exception du groupe en marbre de Latone et de ses jumeaux Diane et Apollon, l’ensemble des sculptures du bassin a été réalisé en plomb doré.Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

74 figures de plomb ont été déposées : paysans en voie de métamorphose en animaux aquatiques, mais aussi tortues, grenouilles et lézards. Toutes ont été « restaurées finement (3.00 heures de travail pour 13.000 kilos de plomb sculpté), puis redorées à l’or fin (grâce à 35.000 feuilles d’or à 23, 5 carats) ; l’exhumation, le démontage et la restauration des canalisations de plomb enterrées en 1666 et alimentant les 74 jets d’eau animant le bassin ; le remplacement par de nouvelles copies des statues de la déesse Latone (la Leto des Grecs) et de ses enfants, Diane et Apollon. »Bassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

« Les originaux, dus aux ciseaux des frères Gaspard et Balthazar Marsy, étant déposés depuis 1980 au sein des bâtiments de la Petite Ecurie ».

Les trois vasques du buffet d’eau central ont été elles aussi démontées; une restauration admirable a aussi été effectuée sur les fonds du bassin lui-même, les marbres, tous déposés et retravaillés.Bassin de Latone Château de Versailles

« Parmi les plus somptueux de ces marbres, le marbre Campan n’a dû être remplacé qu’à hauteur de 2% de sa masse et le marbre rouge du Languedoc à 8%. Mais le marbre blanc de Carrare, plus poreux, donc plus fragile, et de surcroît davantage exposé aux effets de l’eau, a été remplacé à 30%. Tous ces marbres ont été retrouvés par des spécialistes dans les même carrières que celles d’où ils furent extraits du temps de Louis XIV ou dans des réserves de matériaux anciens miraculeusement préservées. » IBassin de Latone Château de Versailles

Bassin de Latone Château de Versailles

 

http://www.sciencesetavenir.fr/archeo-paleo/20150518.OBS9118/versailles-une-royale-restauration-pour-le-bassin-de-latone.html

http://tempsreel.nouvelobs.com/culture/20150519.OBS9210/versailles-le-bassin-de-latone-restaure-la-splendeur-retrouvee-a.html

Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Anish Kapoor Sky Mirror

Château de Versailles

 Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Un miroir qui envoie les jardins vers le ciel

Anish Kapoor a une prédilection pour les matériaux réfléchissants et les formes incurvées, qui dialoguent avec le ciel. Avec Sky Mirror, le visiteur peut admirer les reflets déformés des jardins du château de Versailles.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Anish Kapoor Biographie

Anish Kapoor est né en 1954 à Bombay, en Inde. Après une scolarité au prestigieux internat Doon School à Dehra Dun, en Inde, et un séjour dans un Kibboutz en Israël entre 1971 et 1973, il se rend en Grande Bretagne. Il embrasse une carrière d’artiste et étudie au Hornsey College of Art et à la Chelsea School of Art and Design. Depuis il vit à Londres.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

 

Le public français a pris la mesure du travail de Sir Anish Kapoor lors de la quatrième édition de Monumenta, au Grand Palais. L’oeuvre de Kapoor, Léviathan, était une gigantesque sculpture de trente-cinq mètres de hauteur, composée de quatres formes ovoïdes en PVC. Le spectateur entrait dans la sculpture comme englouti par le ventre de la Bête. ka différence de température avec l’extérieur, l’écho des sons déformé par les parois vibrantes de la caverne, le pods léger mais perceptible de l’air pressuris (qui maintenait la structure en élévation), offrait au spectateur un exercice de contemplation, une expéreince sensorielle.

De l’extérieur, le spectateur le contournait, le contournait, et percevait ainsi l’immensité de l’espace dont il venait de s’extraire. ANISH KAPOOR

* Anish Kapoor pendant le montage de dirty Corner, crédit photo Jean-Christophe MARMARA/JC MARMARA/LE FIGARO

 

La carrière d’Anish Kapoor a vite pris des allures de success story. En 1990, il représente la Grande-Bretagne à la Biennale de Venise. L’année suivante, il remporte la récompense suprême, le Turner Prize. Entre tradition orientale et culture occidentale, il s’est fait connaître par ses sculptures revêtues de pigments purs et par ses oeuvres miroirs qui provoquent le vertige. D’autres, aux formes inquiétantes, de ciment ou de cire, se sont ajoutées, semblant convoquer les forces archaïques.

Les plus grands musées lui ont donné carte blanche, de la Tate Modern à Londres au Guggenheim de Bilbao. Et il a aussi investi l’espace public de pièces monumentales, tel Cloud Gate, ellipse d’acier poli de 100 tonnes, réfléchissant nuages et gratte-ciel en plein Millenium Park, à Chicago.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

ENTRETIEN AVEC ANISH KAPOOR

Vous vous étiez mesuré, il y a quatre ans, au gigantisme de la nef du Grand Palais. Vous voici à Versailles. Comment qualifieriez-vous ce nouvel exercice?

C’est un défi d’un genre différent. La question est de savoir comment un artiste peut intervenir dans un tel endroit. Ce n’est pas un parc de sculptures. Et à quoi cela servirait-il d’ajouter un décor dans le décor ? Versailles représente l’emblème du pouvoir. Alors la seule façon, selon moi, était d’adopter un point de vue politique.

Le rouge, couleur fétiche d’Anish Kapoor. « J’y vois une reine égyptienne qui s’exhibe dans la puissance de sa sexualité », explique l’artiste.Le rouge, couleur fétiche d’Anish Kapoor. « J’y vois une reine égyptienne qui s’exhibe dans la puissance de sa sexualité », explique l’artiste.Paul Rousteau pour L’Express StylesAnish Kapoor Sky Mirror Versailles

Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Comment avez-vous travaillé cette idée?

Je connaissais les lieux avant de recevoir l’invitation de Catherine Pégard. J’y étais déjà venu trois ou quatre fois. J’ai rapidement abandonné le projet d’occuper le château, pour me concentrer sur les jardins, extraordinaires, qui présentent une problématique particulière. Je voulais me confronter à Le Nôtre. Sa vision, singulière, m’a toujours frappé. Il a créé là un objet géométrique presque parfait.

Lorsqu’on se place sur l’esplanade du château, et que l’on a sous les yeux le Tapis vert et la grande perspective, on comprend que cette perfection est soustendue par des notions d’infini, d’éternité, d’immuabilité. Et que tout est contrôlé. On a l’impression que Le Nôtre a éliminé les aspects de la vie qui ne sont pas acceptables, sur un plan politique autant qu’émotionnel : l’image du désordre, du déclin, de la sexualité, de l’abject. La nature elle-même est quasi invisible, bien que l’on soit dans un jardin. J’ai donc cherché à voir ce qui se trouve sous cet impeccable ordonnancement.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

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C-Curve, un miroir concave géant, placé sur l’esplanade du château, en perturbe la vision. Vous voulez révéler l’envers du décor?

En quelque sorte. J’ai fait vingt ans de psychanalyse. La notion d’intériorité, au sens freudien du terme, m’intéresse donc particulièrement : ce qui est « en dessous », caché sous la table, sous le lit, c’est-à-dire les côtés sombres. Alors j’ai appliqué la psychanalyse à l’espace. Je me suis demandé quels étaient les côtés sombres de Le Nôtre.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

 

Et vous avez décidé de mettre le « désordre » dans ce jardin si ordonné.

J’ai voulu voir ce qu’il se passe quand on perturbe sa géographie. Prenez Dirty Corner. De l’esplanade, cette oeuvre donne l’impression que j’ai enlevé la peau du Tapis vert, afin de découvrir le dessous. Moi, j’y vois une reine égyptienne, une Cléopâtre, qui s’exhibe dans la puissance de sa sexualité. Plus loin, on a creusé le sol pour installer Descension, un nouveau bassin, situé entre ceux de Latone et d’Apollon. C’est un maelström dont les eaux noires et tourbillonnantes plongent dans les entrailles de la terre.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Qu’est-ce qui vous a poussé à devenir artiste?

Cette envie a germé en Inde, lorsque j’avais 17 ou 18 ans. J’étais un adolescent romantique, et j’ai pensé qu’une voie s’ouvrait à moi. Ne me demandez pas pourquoi. Je connaissais les temples et les sculptures indiennes, mais je n’avais jamais rencontré d’artiste, jamais vu aucune peinture. C’était fou. [Rires.] J’imagine que l’atmosphère de ces années 1960-1970 a contribué à mon choix. Beaucoup d’Européens venaient rechercher en Inde quelque chose d’indéfinissable, de mystérieux. C’était l’époque des hippies. Leur quête de spiritualité a sans doute enthousiasmé ma naïveté d’adolescent. Peu après, je suis parti en Angleterre, et j’ai commencé des études d’art.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Vous insistez sur l’idée de mystère.

Parce que l’art résulte d’un processus mystérieux. Le travail dans l’atelier ressemble à une séance avec votre analyste. Vous êtes allongé et vous parlez avec lui. Au bout d’un moment, quelque chose se passe, vous ne savez pas comment ni ce que c’est précisément. L’acte de création s’en approche. Si un artiste se met à travailler en se disant « Je sais », il n’arrivera à rien. Créer n’est pas rationnel. C’est lorsqu’on ose dire « Je ne sais pas » que les choses deviennent possibles. Il faut se fier à son intuition. Mais il ne s’agit pas simplement de saisir une idée qui surgit au milieu de la nuit. C’est le fruit d’une longue gestation.Anish Kapoor Sky Mirror Versailles

Quel est le rôle de l’artiste?

L’artiste ne sert pas à fabriquer des objets. Et il n’apporte pas de certitudes. Tel un poète, il élabore des hypothèses. Ses oeuvres sont de l’ordre de la phénoménologie. C’est un idiot savant. L’un des artistes qui m’a le plus influencé est Marcel Duchamp, non pas le Duchamp de l’urinoir, qui affirme que tous les objets sont de l’art. Je n’y crois pas. Ses pièces intitulées Le Grand Verre et Etant donnés m’apparaissent en revan che essentielles parce qu’elles permettent des interprétations mystiques. Peu d’oeuvres conservent, comme elles, durablement leur mystère.

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Vous êtes l’un des plasticiens les plus connus. On vous sollicite dans le monde entier. On vous admire. Qu’avez-vous appris durant toutes ces années?

Rien… [Rires.] Ou plutôt si, une chose : très tôt, j’ai appris à ne jamais croire ce que l’on me dit. Si on se laisse prendre par le succès, on est mal. Finalement, on doit de toute façon retourner travailler le lendemain dans l’atelier. Il faut rester critique envers soi-même, ne jamais se prendre pour un professionnel ni jouer les savants. Garder l’esprit d’un amateur. C’est la seule façon de continuer à être un artiste.

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Sources : l’express styles (Paul Rousteau), le Figaro

Magazine : Les carnets de Verasilles, numéro 7, article « Kapoor : de ciel et de chair », de Victor Guégan 

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