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Daniel Hourde
AHLALA
Daniel Hourdé, entre académisme et dérision: ahlala, désillusion totale Deux corps masculins nus, nerveux, presque écorchés, dans une pose dynamique, encadrent la statue très classique de…Condorcet.
Quai Conti, à deux pas de l’Institut de France, l’installation provisoire de sculptures en bronze de Daniel Hourdé attire le regard par d'éclatantes lettres rouges qui se détachent sur le ciel.
Cet été, deux statues étranges encadrent la très classique statue de Condorcet, et des lettres rouges se détachent sur fond de ciel bleu parisien, formant le mot « ahlala ».
*Sculpture Hourdé quai Conti 05"ahlala", sculpture de Daniel Hourdé, 1995,entourant la statue de Condorcet, quai Conti à Paris .
Deux corps masculins nus, torturés, presque écorchés, dans un geste nerveux, tendent le bras vers la statue de Condorcet, comme s’ils voulaient l’atteindre en un geste désespéré.
D’une main qui semble désinvolte ils soutiennent des lettres rouges formant le mot ahlala, conférant à la sculpture une certaine dérision.
Je trouve que ces hommes torturés semblent porter sur leur dos, comme un fardeau, ces lettres rouges.
Ici, pas de glorification d’un homme illustre comme Condorcet, ou de représenter des vertus civiques ou des allégories comme la République non loin.
« Le mélange d'art pop et de classicisme, l'utilisation d'une expression triviale, nous font sourire de la pose grandiloquente du modèle et dynamite tout esprit de sérieux ».
Daniel Hourdé a l’habitude d’exposer en plein air à Paris. Les sujets du sculpteur combinent une anatomie précise détaillant les muscles du corps humain avec des objets incongrus pour un effet plus comique que dramatique. Daniel Hourdé s'inspire tout autant de la mythologie greco-romaine (Le minotaure, le désarroi de Narcisse) que des icônes contemporaines de la culture pop (Mickey).
Avant de couler ses statues en bronze, Daniel Hourdé travaille la plasticine, au lieu de l'argile, pour sculpter les corps torturés, dans la tradition classique de la statuaire.
Les muscles des corps sont précis, détaillés, en total contraste avec les visages qui sont seulement ébauchés à coup de spatule. Ils rendent ces personnages esquissés anonymes.