Il y a un siècle les terre-neuvas venaient
au secours de Paris.
Les Terre-Neuvas sont les marins qui partaient pêcher la morue au large de l’île de Terre-Neuve près du Canada. Pour se rendre sur place, ils embarquaient leurs
doris sur de grands voiliers, et les débarquaient une fois arrivés. C’étaient de longs mois de pêche dans des conditions extrêmement éprouvantes et dangereuses. Beaucoup ne revenaient pas. D’où
leur surnom : « les bagnards de la mer ».
Ces courageux marins qui partaient pêcher la morue à Terre Neuve sont généreusement venus en aide aux parisiens
inondés. Pour commémorer leur action et leur rendre hommage, six barques étaient exposées sur la parvis de l'Hôtel de Ville à partir du 28 janvier 2010. Le 28 janvier 1910 correspondait au pic de
la crue.
La Seine avait atteint 8,62m et un débit de 2400 m3 d’eau par seconde (10 fois le débit normal).
Puis de nombreuses embarcations et leurs équipages partent à l’époque des ports de Cancale, Fécamp, Granville,
Saint-Malo en direction de la Préfecture de Police de Paris. Parmi ces marins, de nombreux Terre-Neuvas et leurs barques, les « doris ».
Dès leur arrivée, ces hommes sont affectés dès leur arrivée aux services de ravitaillement et de sauvetage. Ils se faufilent partout pour porter secours.
Pendant une semaine six doris, embarcations à fond plat, sont exposées, ainsi que
des panneaux explicatifs sur les Terre-Neuvas et la crue. Une dizaine de marins (Terre- Neuvas) seront présents pour répondre aux questions des Parisiens. Un grand écran projette des images
d’époque de la crue.
Ces doris appartiennent appartenant à des plaisanciers et associations du pays de Saint-Malo (notamment l'association malouine Mémoire et patrimoine des Terre-Neuvas).

Comment est née l’idée de cette
exposition.
Lionel Martin, président de cette association, est tombé par hasard sur des images des inondations l‘été dernier. Il a
immédiatement contacté le maire de Paris pour évoquer l'idée d'une exposition.
Il a de sérieux atouts : « Il fait partie de notre association depuis trois ans, son grand-père était Terre-Neuvas ! »
Bertrand Delanoë aurait même gardé de cet héritage familial la propriété d'un bout de terrain sur l'île aux marins, à
Saint-Pierre-et-Miquelon, après que son aïeul eut été fait citoyen d'honneur de l'archipel français de l'Atlantique Nord. « Il a dit oui tout de suite pour notre exposition ! » Le maire de Paris
a aussi accepté de l'inaugurer.
Lionel Marin sourit : « Les Parisiens disent 'Terre Neuvasse' et 'une' doris, il va falloir qu'on leur explique. »
Si la pêche à la morue n'est plus qu'un souvenir pour les pêcheurs français, la mémoire des Terre-Neuvas résiste, grâce notamment au travail de l'association de Saint-Malo. « On a dépassé les 1 000 adhérents et on a répertorié 166 000 noms de Terre-Neuvas ! » Un trésor quand on sait qu'il ne reste aujourd'hui que six dorissiers en vie dans le pays de Saint-Malo.